Paris lance un plan périscolaire après quatre ans de mobilisation du collectif SOS
Plan périscolaire à Paris après mobilisation du collectif SOS

Un plan d'action pour le périscolaire parisien

Anne et Élisabeth, les deux cofondatrices du collectif SOS Périscolaire, peuvent enfin respirer. Après quatre années de militantisme dans l'indifférence quasi générale, leurs revendications ont finalement été entendues par les plus hautes autorités. Après des rencontres à l'Élysée, au ministère de l'Éducation nationale et à l'Hôtel de Ville de Paris, elles accueillent avec satisfaction les premières annonces détaillées par le nouveau maire Emmanuel Grégoire lors d'une conférence de presse ce vendredi.

Un engagement financier et une nouvelle doctrine

Avec son « plan d'action » estimé à « une vingtaine de millions d'euros » – qui succède à un autre plan présenté dans l'urgence en novembre par l'ancienne équipe municipale –, Emmanuel Grégoire s'engage à « tout revoir depuis le début avec un objectif, la tolérance zéro ». Il promet aux familles une « transparence totale » dans la gestion des activités périscolaires, un secteur longtemps critiqué pour son opacité.

Une cellule d'écoute et de signalement

« Signaler, ce n'est pas dénoncer, c'est protéger », martèlent les deux cofondatrices du collectif. Elles se félicitent donc de la création d'une « cellule d'écoute et de signalement des violences éducatives dans le périscolaire » que les parents pourront saisir directement. Selon SOS Périscolaire, ce dispositif fonctionnera comme « une sorte de numéro vert relié à la cellule bientraitance ».

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Dans un entretien au Monde, le nouvel édile parisien affirme vouloir mettre en place « une chaîne de signalement simple, accessible et identifiée par les agents, par les parents et par les enfants eux-mêmes pour chaque école ». Il reconnaît que « jusqu'ici, ce n'était pas toujours très clair de savoir s'il fallait informer le directeur d'école, le directeur du périscolaire, ou bien saisir les élus… », un problème que de nombreux parents d'élèves avaient effectivement constaté.

Des outils pour recueillir la parole des enfants

Autre innovation annoncée par le maire de Paris : des « boîtes aux lettres Papillon » – du nom de l'association Les Papillons de Laurent Boyet – devraient être installées dans les écoles pour permettre aux élèves de déposer des petits mots écrits. Anne du collectif SOS Périscolaire se réjouit particulièrement de cette mesure qui facilitera l'expression des enfants.

Une formation renforcée pour les animateurs

Concernant la formation des animateurs, jugée jusqu'ici très légère – surtout pour les vacataires qui ne disposaient que de deux jours de formation depuis début 2026 –, elle sera complètement revue. L'objectif affiché est que 100 % des agents soient formés au BAFA (Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur).

En septembre, « l'école parisienne du périscolaire » devrait ouvrir ses portes, a annoncé Emmanuel Grégoire. Cet établissement servira « à dispenser les quarante-huit heures de formation initiale obligatoires pour tout agent, quel que soit son statut ».

Des réactions contrastées

« C'est une bonne chose d'axer sur la formation », souligne Adam Semail, de la CFDT, qui sera reçu par le maire et ses adjoints le 13 avril, veille d'un Conseil de Paris extraordinaire consacré au périscolaire. Cependant, il tempère cet enthousiasme : « Avec l'école du périscolaire, on comprend que ce sera une école dans l'école, déjà existante, celle des métiers de la DASCO. Mais c'est un peu de la poudre aux yeux, il ne faut pas croire que ce sera une école sur des jours continus et sur un cursus complet… Le BAFA amélioré, en revanche, c'est mieux que rien. »

Des chiffres alarmants de suspensions

Les chiffres révélés par Emmanuel Grégoire ce matin sont particulièrement préoccupants : 78 animateurs suspendus depuis début 2026, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles. Adam Semail reconnaît qu'il s'agit d'« un chiffre important », même s'il est légèrement augmenté par des signalements anciens qui n'avaient, visiblement, pas été pris en compte auparavant.

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La CFDT remarque qu'il s'agit du « double, voire du triple » des suspensions enregistrées les années précédentes. Et cela ne fait que commencer puisque la mairie a martelé que sa nouvelle « doctrine » consiste, désormais, à « suspendre un animateur au moindre soupçon ».

Des défis persistants

« Les gens signalent davantage et c'est tant mieux », se félicite Adam Semail, qui s'interroge cependant sur la manière dont ce personnel manquant sera remplacé. « Quotidiennement, il y a déjà 1 000 animateurs absents non remplacés dans tout Paris ! »

Depuis les révélations des scandales portant sur les violences sexuelles dans le périscolaire, de plus en plus d'agents expriment leur démotivation et disent subir « une pression insupportable ». Ce mal-être au travail pourrait bientôt s'exprimer plus fortement, puisque plusieurs syndicats menacent de faire grève pour alerter sur les conditions de travail dégradées dans le secteur périscolaire parisien.