Parents d'élèves mobilisés aux prés Saint-Jean contre la surcharge des classes
Parents mobilisés contre la surcharge des classes à Alès

Mobilisation parentale aux prés Saint-Jean pour dénoncer la surcharge des classes

Le 19 juin, une manifestation s'est tenue devant l'école maternelle Joséphine-Baker, située dans le quartier des prés Saint-Jean à Alès. Des parents d'élèves, pancartes et banderoles à la main, ont exprimé leur inquiétude face aux conditions de rentrée scolaire 2025, qu'ils jugent insoutenables. "Tout le monde est perdant dans cette histoire", déplore une mère de famille présente sur les lieux, résumant le sentiment général d'impuissance et de frustration.

Une situation critique avec des classes déjà saturées

L'école Joséphine-Baker fait face à un problème de surcharge sans précédent. Selon Lilia Badaoui, présidente de l'Association des parents d'élèves (APE), chacune des cinq classes compte déjà 25 enfants inscrits pour la rentrée prochaine. "Il y a déjà 25 enfants dans chacune des cinq classes", alerte-t-elle, soulignant que cette situation risque de détériorer la qualité de l'enseignement. Les parents craignent notamment :

  • Une augmentation du bruit et des besoins d'accompagnement
  • Une réduction du temps personnalisé pour chaque élève
  • Un manque de place physique dans les salles de classe

Lilia Badaoui ajoute : "L'école est grande, il y a de nombreuses salles que nous pourrions utiliser pour ouvrir une nouvelle classe pour alléger les autres. En revanche, on ne peut pas pousser les murs. Il n'y aura pas assez de chaises et de bureaux". Cette pénurie de matériel pourrait conduire à des situations où les enfants ne pourraient tout simplement pas s'asseoir, aggravant ainsi les conditions d'apprentissage.

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Un contexte social difficile et des promesses non tenues

L'école Joséphine-Baker est classée REP+ (réseau d'éducation prioritaire renforcé), une catégorie qui concerne les quartiers confrontés à des difficultés sociales importantes, comme c'est le cas pour la zone des prés Saint-Jean. Les parents dénoncent un double discours de l'État, qui avait promis il y a un an d'alléger les effectifs dans les établissements REP. "Cette charge de travail pourrait se refléter sur la qualité de l'éducation des enseignants", explique Lilia Badaoui, qui redoute également un risque accru de burn-out parmi le personnel éducatif. Elle qualifie cette dynamique de "cercle vicieux", où la surcharge des classes nuit à la fois aux élèves et aux enseignants.

Une attente anxieuse avant la décision de la commission

Les parents ont organisé cette mobilisation en prévision de la commission du 23 juin, qui établira la carte scolaire pour l'année 2025-2026 et décidera des ouvertures ou fermetures de classes dans le département du Gard. Contacté, le DASEN du Gard, Christophe Mauny, a refusé de s'exprimer avant cette date, indiquant : "On regarde, on analyse en fonction de la réalité du terrain. Et ensuite, on ajuste". Il a également précisé que ces discussions "ne se font pas avec les parents, mais avec les communes, qui sont chargées des inscriptions des enfants". Cette réponse laisse les parents dans l'incertitude, alors qu'ils espèrent une solution rapide pour éviter une rentrée chaotique.

La mobilisation des parents d'élèves aux prés Saint-Jean met en lumière les défis persistants de l'éducation prioritaire en France, où les promesses de réduction des effectifs peinent à se concrétiser. Alors que la rentrée 2025 approche, l'avenir des enfants de l'école Joséphine-Baker reste suspendu aux décisions des autorités éducatives, dans un contexte de ressources limitées et de besoins croissants.

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