Une nouvelle menace pour l'école Jean-Papeau à Royan
Les années se suivent et se ressemblent douloureusement à l'école Jean-Papeau de Royan. Après avoir réussi à sauver une classe de maternelle l'an dernier grâce à une forte mobilisation, parents d'élèves et élus doivent aujourd'hui affronter une nouvelle menace : la fermeture d'une classe de primaire envisagée pour la rentrée de septembre 2026.
Un courrier officiel pour alerter les autorités
L'Association des parents d'élèves (APE) de l'établissement a pris les devants en envoyant un courrier officiel au recteur de l'académie de Poitiers, Frédéric Perissat, ainsi qu'au maire de Royan, Patrick Marengo. Dans cette missive, les parents expriment leur ferme opposition au projet de suppression d'une classe, soulignant que cette fois, contrairement à l'année précédente, ils devront probablement mener ce combat seuls.
La situation est d'autant plus complexe que l'ouverture parallèle d'une classe à l'école de l'Yeuse pousse le maire Patrick Marengo à adopter une position de compromis avec les services de l'Éducation nationale. Cette configuration crée un contexte particulièrement tendu pour les défenseurs de l'école Jean-Papeau.
Un établissement aux besoins exceptionnels
Pour justifier leur demande de maintien des sept classes, l'APE met en lumière le caractère particulier du groupe scolaire. « Derrière les chiffres d'effectifs se cache une réalité que les parents refusent de voir ignorée », peut-on lire dans le courrier cosigné par 130 parents.
L'école Jean-Papeau concentre en effet un nombre exceptionnel d'élèves à besoins particuliers :
- 25 dossiers MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) sont en cours
- 47 demandes d'aides Rased (Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) ont été formulées par l'équipe enseignante
- 5 AESH (Accompagnant d'élève en situation de handicap) accompagnent quotidiennement des élèves
La situation apparaît encore plus préoccupante lorsqu'on examine la prochaine rentrée : sur les 24 élèves de grande section appelés à entrer en CP en 2026, 13 sont déjà repérés ou diagnostiqués comme nécessitant un accompagnement spécifique. « Cette école n'a pas besoin qu'on lui ferme une classe. Elle a besoin d'aide », insistent les parents dans leur courrier.
Des projections démographiques encourageantes
Si l'APE reconnaît volontiers que « la baisse des effectifs cette année est réelle avec un solde entrées/sorties défavorable de 18 élèves », elle apporte également des éléments d'espoir pour l'avenir. Les projections démographiques indiquent en effet un quasi-équilibre dès 2027-2028, notamment grâce à plusieurs programmes de logements en cours d'attribution à proximité immédiate de l'école.
Pour se faire entendre, les parents d'élèves ont déjà déployé une banderole devant l'établissement, marquant le début d'une mobilisation qui promet d'être déterminée.
Des propositions concrètes pour l'avenir
Plutôt que de se contenter de s'opposer à la fermeture, l'Association des parents d'élèves formule des propositions constructives pour l'avenir de l'école Jean-Papeau :
- Le maintien des sept classes actuelles
- L'affectation d'un enseignant surnuméraire sur le modèle « plus de maîtres que de classes »
- Le renforcement des moyens Rased
- L'ouverture d'une réflexion sur un dispositif d'inclusion renforcée de type Ulis
Ces suggestions visent à transformer l'école Jean-Papeau en un établissement modèle capable d'accueillir et d'accompagner efficacement tous les élèves, y compris ceux présentant des besoins éducatifs particuliers. Le combat pour la préservation de cette classe de primaire s'annonce donc comme un enjeu crucial pour l'avenir de l'éducation à Royan.



