Une mobilisation citoyenne pour défendre l'école publique
Dimanche 29 mars, au cœur du marché traditionnel de Château-l'Évêque, dans la Dordogne, une foule inhabituelle s'est rassemblée. Parents d'élèves, habitants et membres du Conseil municipal ont uni leurs voix pour exprimer leur vive opposition à un projet de suppression d'une classe dans l'école locale. Cette manifestation spontanée, organisée à l'initiative des familles, a rapidement pris une dimension symbolique avec la présence des élus locaux.
Les élus locaux s'engagent aux côtés des citoyens
Alain Marty, le maire de la commune, et Coralie Juge, première adjointe chargée des affaires scolaires et périscolaires, ont arboré leurs écharpes tricolores pour marquer leur soutien à cette mobilisation. Leur présence a renforcé le caractère officiel de cette protestation, montrant que l'enjeu dépasse le simple cadre scolaire pour toucher à l'identité même de la commune. Les représentants du syndicat SNUipp-FSU étaient également présents pour éclairer l'assemblée sur les implications concrètes des décisions administratives à venir.
Les conséquences pédagogiques redoutées
Alain Marty a détaillé les conséquences directes de cette fermeture potentielle. La suppression d'une classe à la rentrée 2026 entraînerait automatiquement la création de huit classes à double niveau dans l'établissement. Pour le maire, cette organisation ne correspond pas aux besoins pédagogiques des enfants et risque de compromettre la qualité de leur apprentissage. « Cette situation nous obligerait à regrouper des élèves d'âges différents dans les mêmes salles de classe, ce qui complexifie considérablement le travail des enseignants », a-t-il expliqué aux manifestants.
Un calendrier administratif serré
La mobilisation intervient à un moment crucial du calendrier scolaire. La Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) doit valider la carte scolaire pour la période 2026-2027 dès le vendredi 3 avril. Cette échéance imminente explique l'urgence de la protestation et la nécessité pour les citoyens de se faire entendre rapidement. Les organisateurs de la manifestation espèrent que leur démonstration de force influencera la décision finale des autorités académiques.
Une dénonciation de la gestion comptable de l'éducation
Le maire a conclu son intervention par une phrase-choc qui a été reprise en chœur par les manifestants : « L'enseignement de nos enfants devient une ligne comptable ! ». Cette déclaration résume le sentiment général des participants, qui craignent que des considérations budgétaires prennent le pas sur l'intérêt pédagogique des élèves. La mobilisation de Château-l'Évêque s'inscrit ainsi dans un mouvement plus large de défense de l'école publique face aux restrictions budgétaires.
Les organisateurs ont annoncé qu'ils maintiendraient la pression dans les prochains jours, avec des rencontres prévues avec les représentants de l'Éducation nationale et une possible nouvelle mobilisation si la décision de suppression était maintenue. L'avenir de l'école de Château-l'Évêque se jouera donc dans les prochaines semaines, entre les impératifs administratifs et les aspirations légitimes d'une communauté attachée à la qualité de son école publique.



