Parcoursup, une malédiction pour les lycéens ? Le débat s'ouvre dans Midi Libre
Alors que la phase de confirmation de la plateforme d'admission post-bac Parcoursup approche, du 13 mars au 1er avril, le journal Midi Libre publie deux tribunes d'enseignants aux points de vue radicalement opposés. D'un côté, l'essayiste Johan Faerber signe un texte au vitriol contre ce dispositif, le qualifiant de machine politique. De l'autre, Evelyne Brandts, agrégée d'allemand, alerte surtout sur la responsabilité des élèves et de leurs parents, tout en reconnaissant des améliorations nécessaires.
Le point de vue critique de Johan Faerber : une machine politique destructrice
Johan Faerber, essayiste et enseignant, affirme que Parcoursup ne doit pas être maudit, mais plutôt interdit. Il décrit cette plateforme comme une politique discriminatoire concertée du macronisme, qui installe un darwinisme social entre élèves. Selon lui, Parcoursup est un mot écran lancé pour éviter de discuter du fond : l'absence flagrante de moyens pour l'enseignement supérieur public.
Parcoursup, selon Faerber, est une machine politique qui construit sciemment une pénurie de places afin de transformer l'enseignement supérieur en vaste marché. Il souligne que sous le mandat d'Emmanuel Macron, l'Éducation nationale constitue un facteur majeur de stress pour la jeunesse, accentuant les inégalités et obligeant les étudiants à investir financièrement dans leurs études. Faerber critique également la promotion indirecte des écoles privées hors Parcoursup, qui profitent des carences du Supérieur public.
Il conclut en appelant à lutter contre la domination libérale dans l'éducation, plutôt que de maudire Parcoursup, pour bâtir des universités accessibles à tous les bacheliers.
Le point de vue modéré d'Evelyne Brandts : des améliorations nécessaires
Evelyne Brandts, agrégée d'allemand, adopte une position plus nuancée. Elle estime qu'il ne faut pas maudire Parcoursup, mais l'améliorer. Elle rappelle que le baccalauréat, avec un taux de réussite proche de 100% et près de 600 000 nouveaux bacheliers en 2025, ne suffit plus pour accéder aux études supérieures, nécessitant un dispositif centralisé comme Parcoursup.
Brandts met en avant plusieurs progrès par rapport à l'ancien système Admission Post Bac (APB) :
- La suppression de la hiérarchisation des vœux, permettant une meilleure adéquation entre le profil de l'élève et les formations proposées.
- La fin du tirage au sort, jugé injuste et scandaleux.
- L'offre de nouveaux moyens d'orientation, comme un deuxième professeur principal et un conseil renforcé.
- La création de la Commission d'accès aux études supérieures (CAES) pour aider les candidats sans réponse.
Elle reconnaît l'anxiété suscitée par le système, mais insiste sur le fait que l'inscription à Parcoursup est un premier acte d'adulte, et que l'avenir des élèves se joue sur leur capacité à affronter les épreuves tout au long de leur vie.
Un débat crucial pour l'avenir de l'éducation
Ce face-à-face dans Midi Libre souligne les tensions profondes autour de Parcoursup. D'un côté, des critiques virulentes dénoncent une politique libérale destructrice ; de l'autre, une défense modérée met en lumière des avancées pratiques. Alors que la phase de confirmation approche, ce débat reste plus que jamais d'actualité pour les lycéens, leurs parents, et l'ensemble de la communauté éducative.



