Une décision municipale qui divise la communauté éducative
À Saint-Jean-du-Bruel, dans l'Aveyron, une décision du conseil municipal suscite l'émoi parmi les parents d'élèves et le personnel de l'école élémentaire. Les élus ont voté, à l'unanimité, contre le renouvellement du contrat à durée déterminée d'Émilie Campoy, une agent technique qui assurait un rôle crucial dans l'encadrement des élèves.
Un poste indispensable supprimé
Jessy Mingam, directrice de l'établissement, se retrouve dans une situation difficile. Son école accueille 18 enfants en maternelle et 9 élèves en classe de CE1. Émilie Campoy, en CDD, prenait en charge les plus jeunes l'après-midi, permettant ainsi à la directrice de se concentrer sur les CE1. Avec la fin de son contrat, cette organisation est compromise, laissant Jessy Mingam seule face à 27 élèves de niveaux différents.
La jeune agent technique, mère célibataire de trois enfants, a exprimé sa peine face à cette décision, mais n'a pas souhaité commenter davantage pour le moment. De leur côté, les parents d'élèves sont en colère, se sentant pris en otage par un choix politique qui affecte directement le bon fonctionnement de la vie scolaire.
Des solutions provisoires mises en place
Pour pallier cette absence, deux réunions ont été organisées entre élus, parents d'élèves et employées. Il a été convenu que, jusqu'à la Toussaint, la surveillance des maternelles serait assurée par des conseillères municipales. Françoise Deleux, l'une des quatre septuagénaires prévues pour ce relais, a pris son poste le jeudi 23 septembre.
Jessy Mingam témoigne : "Même si je suis seule avec 27 élèves de deux niveaux, j'accueille tous les enfants. Certains parents ont joué le jeu et ont gardé leur enfant chez eux. Françoise a fait ce qu'elle a pu. S'ils n'ont pas dormi, elle les a quand même tenus, il y avait une présence adulte. Ça m'a permis d'avancer avec les grands. Il est clair que cette situation ne peut être que provisoire."
Une affiche à l'entrée de l'école informe également que la garderie du soir est désormais assurée par les élus, avec l'aide de parents volontaires, de 16 h 30 à 18 h.
Un désaccord politique au cœur du problème
Le refus de renouveler le contrat d'Émilie Campoy s'inscrit dans un contexte de désaccord profond entre les élus et Lysiane Tendil, la maire de Saint-Jean-du-Bruel. Lors du dernier conseil municipal, les élus ont rejeté toutes les propositions de l'édile, affirmant ainsi leur opposition à cette embauche.
Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontées les petites communes rurales en matière d'éducation, où chaque poste peut avoir un impact significatif sur la qualité de l'enseignement et le bien-être des élèves.



