Nîmes : les AESH manifestent contre la dégradation de l'accompagnement des enfants handicapés
Nîmes : les AESH disent non à la dégradation de l'accompagnement

Nîmes : les AESH en colère contre la réforme de l'accompagnement des élèves handicapés

Une quarantaine d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) venus de tout le département du Gard se sont rassemblés ce mardi après-midi devant les grilles de la Direction des services de l'Éducation nationale à Nîmes. Cette mobilisation vise à dénoncer ce qu'ils considèrent comme une dégradation significative des conditions d'accompagnement des enfants handicapés.

Les Pial au cœur des préoccupations

La création des Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés (Pial) depuis la rentrée de septembre constitue le principal motif de mécontentement. Présentée par l'Éducation nationale comme une nouvelle organisation destinée à mieux répartir et coordonner les interventions des AESH, cette réforme est perçue très différemment sur le terrain.

"Dans la réalité, ce qu'ils veulent vraiment, c'est nous empêcher d'avoir un lien avec les enfants", s'indignent deux AESH travaillant au sein d'un Pial. "Être dans un Pial aujourd'hui signifie être déplaçable à tout moment. Vous pouvez commencer un jour à un endroit avec tel enfant porteur de tel handicap et le lendemain vous retrouver ailleurs avec un nouvel élève dont vous ne connaissez rien".

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La mutualisation des heures : un casse-tête pédagogique

Laure Pellet, enseignante remplaçante dans le premier degré, s'est jointe au rassemblement pour exprimer son soutien. "La répercussion des mesures prises concernant les AESH a des conséquences directes sur notre enseignement et surtout sur les enfants en situation de handicap qui en pâtissent, pour certains, lourdement", explique-t-elle.

Elle précise : "Cette année avec la création des Pial, ils ont aussi mis en place la mutualisation des heures. Concrètement, un AESH gère plusieurs enfants en même temps dans une classe. C'est un casse-tête pour eux et une souffrance pour certains élèves. Il faut prendre conscience que cette profession est indispensable à l'école inclusive".

Un soutien parental limité

Malgré l'importance des enjeux, les manifestants regrettent le faible nombre de parents présents pour les soutenir. "Dommage qu'il n'y ait pas plus de parents pour nous soutenir", constate Annie, l'une des AESH présentes. Cette absence renforce le sentiment d'isolement des professionnels qui se battent pour préserver la qualité de l'accompagnement des élèves les plus vulnérables.

Les revendications des AESH nîmois s'inscrivent dans un mouvement plus large de contestation des réformes touchant l'accompagnement des élèves en situation de handicap. Les professionnels alertent sur les risques de dégradation du service public d'éducation inclusive et demandent une réévaluation urgente des dispositifs mis en place.

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