Une situation critique à l'école maternelle Bon-Voyage de Nice
Dans l'est de Nice, à l'école maternelle Bon-Voyage, une situation préoccupante perdure depuis le début de l'année scolaire. Sur les deux classes de Toute petite section (TPS), une seule est actuellement encadrée par une enseignante, l'autre étant en arrêt prolongé sans remplacement pérenne. Cette absence force le regroupement des 37 élèves, âgés d'environ 2 ans et demi, dans une unique classe, sous la supervision de l'enseignante présente et de deux Atsem (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles).
L'inquiétude grandissante des familles
Dady M, représentant des parents d'élèves, exprime son anxiété face à cette organisation. « Nous comprenons que cela puisse être difficile pour l'Éducation nationale, mais cela devient compliqué pour les familles », explique-t-il. Il décrit les défis quotidiens : les enfants, encore très jeunes et peu autonomes, nécessitent une attention constante, notamment pour les conduire aux toilettes ou les changer en cas d'accident. Les parents craignent non seulement pour le bien-être éducatif de leurs bambins, mais aussi pour l'épuisement des adultes encadrants, qui font « un travail formidable » dans des conditions éprouvantes.
Certaines familles hésitent à confier leurs enfants dans ce contexte, mais beaucoup n'ont pas d'alternative en raison de leurs obligations professionnelles. Dady M a alerté par écrit la direction de l'école et l'inspectrice de l'Éducation nationale, soulignant des incidents comme l'absence de l'enseignante pour cause de maladie, qui a créé un véritable casse-tête organisationnel. Malgré des promesses de solution après les vacances de février, rien n'a changé.
La réponse des services de l'Éducation nationale
Interrogée, la Direction des services de l'Éducation nationale des Alpes-Maritimes reconnaît la situation. « L'absence de l'enseignante de TPS est parfaitement identifiée », affirme-t-elle, tout en évoquant « une tension conjoncturelle sur le remplacement dans ce secteur », liée à une saturation momentanée de la brigade de remplaçants. L'institution assure mettre tout en œuvre pour rétablir une situation normale rapidement, avec un accompagnement étroit de l'équipe pédagogique par l'inspectrice de la circonscription.
Les priorités affichées sont doubles : assurer la continuité pédagogique pour ces très jeunes élèves et garantir des conditions d'accueil sécurisantes et équitables, tant pour les enfants que pour les enseignants. Aucune date précise n'est donnée, mais les vacances scolaires de printemps, dans une semaine, pourraient offrir une pause bienvenue et un délai pour travailler sur ce dossier.
Un contexte plus large de tensions dans l'éducation
Cette situation s'inscrit dans un climat plus général de difficultés dans le département des Alpes-Maritimes, où les enseignants ont récemment manifesté pour réclamer plus de moyens, dénonçant des conditions de travail parmi « les plus mauvaises de France ». Elle rappelle aussi d'autres cas locaux, comme la mobilisation de parents à Sospel pour sauver une classe de maternelle, ou les inquiétudes à Puget-Théniers face à une fermeture de classe.
En attendant une résolution, les familles de l'école Bon-Voyage restent vigilantes, espérant que les vacances de printemps permettront de trouver une solution durable pour le bien-être éducatif et émotionnel de leurs enfants.



