L'académie de Montpellier annonce un renforcement des moyens pour la rentrée 2022
L'académie de Montpellier a officialisé ce lundi une augmentation substantielle des moyens humains déployés dans ses établissements scolaires pour la rentrée de septembre 2022. La rectrice Sophie Béjean a présenté ces mesures, insistant sur l'objectif de « défendre l'équité entre départements » au sein de l'académie. Ces annonces interviennent selon un calendrier préétabli, indépendamment de l'agitation sociale actuelle sur le front de l'éducation, alors que plusieurs syndicats ont appelé à une grève massive jeudi.
Un effort marqué sur le premier degré
Dans le primaire, 86 moyens d'enseignement supplémentaires seront alloués, malgré une baisse attendue des effectifs de 2400 élèves. Cela permettra d'atteindre un taux inédit de 5,94 professeurs pour 100 élèves, contre 5,46 en 2017. Sophie Béjean précise que ces ressources serviront à « étendre la limitation à 24 élèves à toutes les classes de grande section de maternelle, CP et CE1, et à poursuivre le dédoublement de classes de grande section en zone d'éducation prioritaire ». Elle souligne les bénéfices pour l'acquisition du langage et des savoirs fondamentaux.
Par ailleurs, le rectorat renforce les décharges des directeurs d'écoles, avec un directeur sur cinq qui verra son temps de décharge augmenter. La rectrice assure également une attention particulière portée à l'« amélioration de nos capacités de remplacement ».
Des moyens concentrés sur l'Hérault
La répartition de ces moyens sera inégale, avec l'essentiel concentré dans l'Hérault (69 moyens), où la pression démographique est la plus forte. Les autres départements bénéficieront de ressources plus modestes : 7 moyens dans les Pyrénées-Orientales et le Gard, et 3 dans l'Aude.
Le second degré également concerné
Dans le secondaire, 115 équivalents temps plein (ETP) sont annoncés, dont 21 postes, pour compenser la hausse attendue du nombre d'élèves. Cette augmentation est notamment liée à l'ouverture des deux nouveaux lycées de Gignac et Sommières. Sophie Béjean indique que ces moyens serviront aussi à :
- Développer l'enseignement moral et civique (EMC)
- Renforcer l'enseignement facultatif de français et de culture antique
- Ouvrir des sections internationales dans les collèges les plus défavorisés, dans un souci de mixité sociale et d'égalité des chances
- Mettre en place un nouveau parcours préparatoire post-bac au professorat des écoles pour les boursiers
En outre, l'académie annonce la création de 11 emplois de conseillers principaux d'éducation et de deux postes d'infirmiers ou d'assistantes sociales.
Des avancées pour l'inclusion scolaire
Pour l'inclusion des élèves en situation de handicap, des mesures significatives sont prévues :
- Ouverture de 11 unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) supplémentaires
- Création de 3 unités d'enseignement en maternelle (UEMA)
- Mise en place d'1 unité d'enseignement en élémentaire autisme (UEEA)
Des réactions syndicales mitigées
Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU, estime que les moyens annoncés sont « très largement insuffisants ». Il critique le fait que, dans le primaire, les ressources supplémentaires seront absorbées par les décharges de directeurs et la limitation des classes, sans amélioration notable des remplacements. Pour le second degré, il dénonce une situation « encore plus grave », avec une baisse de 9 ETP dans les collèges malgré l'augmentation des effectifs. Le syndicat réclame un plan d'urgence pour les collèges de l'Hérault.
Malgré ces critiques, l'académie de Montpellier se positionne comme l'une des cinq académies les mieux dotées de France, avec des moyens qui, selon Sophie Béjean, visent à garantir une éducation équitable et de qualité pour tous les élèves de la région.



