Une crise persistante à la cantine de Monteils
Dans la petite commune de Monteils, située dans le Gard près d'Alès, la cantine scolaire est au cœur d'un conflit qui dure depuis plusieurs mois. Les parents d'élèves expriment une exaspération croissante face à des problèmes récurrents d'inscription, un manque de repas et un encadrement jugé insuffisant. L'école, qui accueille 58 enfants, peine à gérer la situation malgré les efforts de la municipalité.
Des inscriptions trop rigides pour les familles
Le système d'inscription impose aux parents de déclarer avant le jeudi midi les jours de présence de leur enfant pour la semaine suivante. Cette rigidité pose problème aux familles dont les emplois du temps professionnels sont variables. Une mère travaillant à l'hôpital témoigne : "Si je les désinscris le jeudi pour la semaine suivante, je ne peux plus me retourner si l'hôpital m'appelle." D'autres parents dénoncent des pratiques administratives déroutantes, comme l'annulation d'abonnements annuels en cas d'absence temporaire.
Manque de repas et encadrement limité
La situation a atteint un point critique la semaine dernière lorsque seulement 32 repas sont arrivés pour 37 élèves inscrits. Le maire Patrick Fontaine s'interroge : "Quand vous avez 32 yaourts pour 37, vous faites comment ?" L'encadrement est également problématique, avec seulement deux personnes pour s'occuper d'environ 38 enfants, la cantinière devant rester à son poste de service.
Une directrice confrontée à l'absurdité administrative
Alix Boyer, directrice de l'école, relate des situations ubuesques. Face à des parents ayant apporté un panier-repas pour leur fille dont le dossier était en retard, les services de l'Agglo lui auraient répondu : "Alors, vous mangez avec elle", avant de lui suggérer d'appeler la gendarmerie en cas de refus. Cette rigidité administrative contraste avec la réalité du terrain, où les besoins des familles nécessitent une certaine souplesse.
La mairie tente de pallier les carences
Face à cette crise, le maire a pris des mesures d'urgence. Il a fait ouvrir la salle des fêtes pour espacer les enfants et a lancé "un appel au bon sens des parents qui ne travaillent pas" pour qu'ils gardent leurs enfants le midi. Patrick Fontaine reconnaît que cette solution ne satisfait personne mais ne voit pas d'alternative à court terme. Il espère que la rencontre entre son premier adjoint et Christophe Rivenq, président d'Alès Agglo, fera évoluer la situation.
Des responsabilités partagées et un espoir pour l'avenir
Michel Belda, élu monteillois en charge des affaires scolaires, explique : "Depuis le transfert à l'agglo, le sujet nous pose souci. On ne peut pas prendre toutes les demandes en compte et l'agglo nous répond qu'ils n'ont pas assez de personnel." Une lueur d'espoir se profile cependant pour l'année prochaine : les communes récupéreront la compétence école. Patrick Fontaine annonce : "On reprendra avec une régie municipale", laissant entrevoir une gestion plus adaptée aux besoins locaux. Contacté, Jean-Michel Burel, élu communautaire en charge de la restauration scolaire, n'avait pas donné suite au moment de la rédaction de cet article.



