Une étudiante dénonce l'absurdité de Mon Master face aux diplômes sans notes
Mon Master : une étudiante pointe l'absurdité des algorithmes

« J’ai travaillé si dur, tout ça pour ça » : le cri d’alarme d’une étudiante face à Mon Master

Johanne, une jeune Montpelliéraine récemment diplômée d’un DNMADe Numérique au lycée Jean-Monnet, pensait pouvoir accéder au master de ses rêves en cinéma et audiovisuel à l’université Paul-Valéry. Mais sur la plateforme Mon Master, son dossier a été relégué en bas du classement, sans aucune admission ni liste d’attente crédible. « Soit je ne suis pas acceptée, soit je suis classée très loin, tout en bas du classement… Autant dire que je n’ai aucune chance », témoigne-t-elle, déçue par un système qui semble ignorer ses efforts.

L’absurdité des algorithmes : un classement incompréhensible

En discutant avec ses camarades, Johanne a découvert une anomalie troublante : cinq étudiants de sa promotion, aux profils pourtant variés, ont tous été classés à partir de la 700e place, dans l’ordre alphabétique, pour le même master. Alertée, la responsable des admissions de Paul-Valéry a examiné les dossiers et constaté qu’ils ne contenaient aucune note. Le problème réside dans le système d’évaluation du DNMADe, basé sur des compétences avec des mentions comme « acquis » ou « satisfaisant », et non sur des notes chiffrées, ce qui le rend incompatible avec les critères des universités.

Nicolas Girard, professeur référent de Johanne, explique : « La formation a été créée en 2018 avec la promesse que les universités suivraient ce nouveau modèle d’évaluation. Ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui. » Cette incompatibilité pénalise systématiquement les diplômés de ce cursus, dont les candidatures sont mal ou pas du tout évaluées par les algorithmes de Mon Master.

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Un cas généralisé : des étudiants poussés vers le privé

Johanne n’est pas un cas isolé. En fouillant sur les réseaux sociaux, elle a échangé avec d’autres diplômés de DNMADe, comme Maëlys, major de promo en région parisienne, qui s’est vue classée en bas du classement pour « résultats insuffisants ». Beaucoup d’étudiants, découragés, n’osent plus postuler dans le public et se tournent directement vers le privé, ou vers des masters publics plus petits qui réalisent des entretiens préalables. « Ce diplôme a été créé pour prendre le relais des BTS et garantir un niveau licence. C’est aberrant qu’ils soient poussés vers le privé », déplore Nicolas Girard.

Pas de solution : le piège des recours et des listes d’attente

Face à un refus, les étudiants peuvent théoriquement déposer un recours auprès du rectorat, mais certaines universités, comme Paul-Valéry, classent toutes les candidatures, compliquant les démarches. Nicolas Girard raconte même le cas d’une étudiante refusée en entretien en raison de l’absence de notes, alors que le responsable était intéressé par son profil, pour pouvoir l’accepter après un recours. Sans notes et sans entretien, convaincre un algorithme devient mission impossible.

Pour Johanne, les solutions sont minces : « Comme je suis sur liste d’attente, je ne peux pas faire appel de cette décision et je me retrouve sans rien. Je n’ai pas de porte de sortie. J’ai travaillé si dur. Tout ça pour ça. » Son témoignage souligne les lacunes d’un système qui, en voulant simplifier les admissions, risque de briser les rêves de nombreux étudiants.

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