Mende : une mobilisation syndicale contre les carences de l'Éducation nationale
À Mende, l'intersyndicale a tenu un point presse pour annoncer une mobilisation d'envergure, dénonçant avec force ce qu'elle qualifie d'"improvisation", de "bricolage" et de manque criant d'effectifs dans les collèges et lycées. Cette initiative intervient dans un contexte de rentrée scolaire marquée par des tensions persistantes au sein de la communauté éducative.
Une journée d'action programmée pour le 23 septembre
Une journée d'action est prévue jeudi 23 septembre, visant explicitement à contrer ce que les syndicats appellent le "mensonge répété" du ministre de l'Éducation nationale. Si la rentrée scolaire du début du mois s'est déroulée dans l'allégresse des enfants, une voix discordante, celle des organisations syndicales, s'élève désormais pour pointer du doigt les dysfonctionnements structurels.
Dénonciation de l'impréparation et des suppressions de postes
Hervé Fumel, délégué syndical de la FSU, fustige "l'omniprésence du ministre pour expliquer que 'tout va bien, on est prêt', alors que la réalité est toute autre". Il met en lumière les choix politiques effectués durant le quinquennat d'Emmanuel Macron, qui, selon lui, n'ont fait qu'aggraver la situation.
Les suppressions de postes constituent un point névralgique du mécontentement. "Au fil des années, il y a de moins en moins de postes à pourvoir", explique Hervé Fumel. "Dans les collèges et lycées, sur ces quatre dernières années, il y a eu une suppression de 7 500 postes. Pour maintenir le taux d'encadrement de l'année 2018, il aurait fallu en augmenter de 7 500. En quatre ans, un déficit de 15 000 postes a donc vu le jour".
Crise de recrutement et salaires peu attractifs
Cette réduction des effectifs s'accompagne d'une crise de recrutement dans la fonction publique, exacerbée par des salaires jugés peu convaincants. "Depuis des années, on manque de professeurs de mathématiques", déplore le délégué syndical. "Plutôt que de s'orienter vers une carrière d'enseignant, les jeunes diplômés en mathématiques préfèrent se tourner vers le privé, où les rémunérations et les perspectives d'avenir sont plus attractives. Qu'est-ce qu'on fait pour remédier à ça ? On fait une réforme qui flingue les mathématiques, et hop, on ne manque plus de profs".
Improvisation face au protocole sanitaire
À ces problèmes structurels s'ajoute une gestion qualifiée de "bricolage" concernant le protocole sanitaire. Les directeurs d'établissement n'ont été informés des modalités qu'à quelques jours de la rentrée. "Le 23 août, ils n'avaient aucune idée de comment cela allait se passer. Et le 26, le ministre commençait sa tournée du 'on est prêt'. Il y a eu une improvisation totale, et une réorganisation un peu à l'arrache, comme c'était déjà un peu le cas depuis le début de la pandémie. Ce n'est pas acceptable", insiste Hervé Fumel.
Une mobilisation pour amplifier la voix des mécontents
Face à cet ensemble de griefs, l'intersyndicale se mobilise donc massivement ce jeudi 23 septembre. L'objectif est clair : faire entendre la voix de tous les acteurs de l'éducation mécontents, dont le nombre est estimé être au moins aussi important que celui des élèves heureux dans les cours de récréation. Cette action collective vise à interpeller les pouvoirs publics sur l'urgence de rétablir des conditions de travail et d'enseignement dignes au sein des établissements scolaires.



