Nîmes : une mobilisation persistante contre la réduction des moyens en éducation prioritaire
Ce mercredi après-midi, une nouvelle manifestation a rassemblé enseignants, parents d'élèves et représentants syndicaux à Nîmes, dans le Gard, pour protester contre la suppression de moyens dans les établissements classés Réseau d'éducation prioritaire (Rep) et Rep+. Cette action fait suite à une première mobilisation organisée la semaine précédente, témoignant d'un mouvement qui prend de l'ampleur face aux restrictions budgétaires.
Des établissements en souffrance face aux réductions horaires
La dotation globale horaire définie par l'Éducation nationale est jugée largement insuffisante par les personnels concernés. Martine Regnier, professeure d'anglais au collège Eugène-Vigne à Beaucaire, exprime son amertume : "Des caractéristiques Rep+, il ne nous reste que le nom." Son établissement subit cette année une suppression de 29 heures d'enseignement, ce qui ne se traduit pas par la fermeture d'une classe mais par un manque de personnel criant. Cette situation a conduit à regrouper des élèves de 4e et de 3e dans le même cours d'allemand, malgré des niveaux différents, compromettant la qualité pédagogique.
Le collège Romain-Rolland particulièrement touché
Le collège Romain-Rolland, situé au Chemin-Bas, est particulièrement affecté par ces mesures. La suppression de 39 heures dans les quotas a entraîné la fermeture d'une classe de 4e, ramenant les effectifs à environ 25 élèves par classe. "Donc pleines à craquer pour un établissement Rep+", affirment les représentants présents. Abderrahmane Abdellaoui, enseignant et représentant syndical Sud éducation 30, précise : "En l'absence de réglementation contraignante, les effectifs par classe en éducation prioritaire ne sont que des recommandations. Rien ne plafonne le nombre d'élèves dans chaque groupe."
Une rencontre infructueuse avec les services de l'Éducation nationale
Le mardi 8 février dernier, des délégations des collèges Condorcet, Romain-Rolland et Capouchiné ont rencontré Philippe Maheu, le directeur des services de l'Éducation nationale (Dasen) du Gard. Ils ont demandé une requalification de l'enveloppe budgétaire accordée à chaque établissement classé Rep ou Rep+, estimant qu'elle ne répondait pas aux besoins réels. Malheureusement, cet échange n'a pas abouti, laissant les participants profondément déçus.
Djamila, une mère d'élève présente lors des négociations, constate avec inquiétude : "Les enseignants n'y arrivent pas, les élèves n'y arrivent pas." Saïda, une autre parente, ajoute : "Les notes n'augmentent pas", allant jusqu'à évoquer un sabotage de l'éducation de ses enfants. Ces témoignages soulignent l'impact concret des coupes budgétaires sur la réussite scolaire.
Une coordination élargie au niveau départemental
Ce rassemblement s'est organisé en coordination avec plusieurs établissements gardois, du premier et du second degré, montrant une solidarité renforcée face aux défis communs. La mobilisation dépasse ainsi le cadre local pour devenir un enjeu départemental, avec des acteurs déterminés à faire entendre leurs revendications pour préserver l'égalité des chances dans l'éducation.



