Nîmes : Une école populaire menacée par une nouvelle fermeture de classe
Ce vendredi matin, devant l'école élémentaire du Mont Duplan à Nîmes, une mobilisation a rassemblé des parents d'élèves déterminés à protester contre la possible suppression d'une classe pour la rentrée de septembre 2026. Cette menace intervient seulement un an après la perte d'une première classe, suscitant une vive inquiétude dans le quartier Richelieu.
Une situation jugée intolérable par les familles
Les parents, réunis sous la bannière de l'Association des parents d'élèves, ont exprimé leur colère face à cette décision potentielle. Delphine Pereira, présidente de l'association, explique : "On le prend hyper mal. On nous a déjà supprimé une classe en septembre dernier. On n'avait alors rien dit car oui, l'effectif était bas. Mais là, ce n'est plus possible." Elle souligne que cette école, située dans un quartier populaire, pourrait être classée en Réseau d'éducation prioritaire (Rep) si cela ne dépendait pas du collège, et présente des spécificités éducatives cruciales.
Des actions concrètes ont été mises en place pour faire entendre leur voix :
- Des pancartes ont été accrochées aux murs de l'établissement.
- Une pétition a recueilli plus de 200 signatures en quelques heures.
- Une mobilisation organisée ce vendredi matin a rassemblé de nombreux participants.
Des spécificités éducatives ignorées
L'école du Mont Duplan accueille des élèves aux profils diversifiés et fragiles, ce qui rend la perte d'une classe particulièrement préoccupante. Parmi ses particularités :
- Une classe UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) pour des enfants primo-arrivants, certains n'ayant jamais été scolarisés auparavant.
- Une Unité d'enseignement adapté pour des élèves porteurs de troubles oraux ou de problèmes de surdité.
- Un contexte socio-économique difficile, avec des familles très précaires.
Karine Phélut, la directrice de l'école, précise : "Les deux tiers des élèves sont ce qu'on appelle des élèves à besoins éducatifs particuliers. On a des élèves pour lesquels il y a un jugement dans la famille, des allophones, des notifications MDPH..." Elle ajoute que 86 % des parents paient le repas de cantine au prix symbolique d'un euro, reflétant la fragilité économique des familles.
Un impact sur la réussite scolaire
Fabien Jaquet, représentant des parents d'élèves, insiste sur les défis quotidiens : "Ça fait beaucoup trop pour une petite école de quartier. On a des difficultés, on ne peut pas se baser juste sur des statistiques." Malgré ces obstacles, l'équipe enseignante parvient à maintenir un environnement propice à la réussite, avec des effectifs actuels compris entre 19 et 22 élèves par classe. La directrice craint que passer à 24 élèves ne compromette cette dynamique : "Quand une école fonctionne malgré sa fragilité, il ne faut pas chercher à l'affaiblir."
Une mobilisation politique en soutien
Pierre-Edouard Détrez, nouvel adjoint délégué à l'éducation à Nîmes, s'est rendu sur place pour rencontrer les responsables. Il a affirmé son engagement : "Je vais être attentif et combatif." Lors d'une réunion avec le maire Vincent Bouget, la première adjointe Amal Couvreur et le Dasen Christophe Mauny, le désappointement de la municipalité a été clairement exprimé. La carte scolaire, qui inclut 18 écoles nîmoises potentiellement concernées par des fermetures et 9 projets d'ouvertures, sera validée en avril.
Le Dasen Christophe Mauny n'a pas répondu aux sollicitations des médias, laissant planer l'incertitude sur l'issue de cette affaire. Les parents, quant à eux, restent mobilisés pour défendre l'avenir de leurs enfants et la vitalité de leur école de quartier.



