Audenge : trois jours de mobilisation contre la suppression de classes au collège Jean-Verdier
Mobilisation à Audenge contre la suppression de classes au collège

Une mobilisation intense à Audenge pour défendre les conditions d'enseignement

Durant trois jours consécutifs, les 24, 25 et 26 février, une opération symbolique de « collège mort » a été organisée à Audenge, plus précisément au collège Jean-Verdier. Cette action de protestation a été menée conjointement par la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) et l'association indépendante Nous-Vous-Ils, avec le soutien actif du corps enseignant de l'établissement.

Le cœur du conflit : la suppression de deux classes

La mobilisation fait suite à l'annonce de la suppression de deux classes à la rentrée prochaine, une décision qui entraînerait une augmentation significative des effectifs par classe. Selon les enseignants, cette mesure aurait des conséquences directes sur la qualité de l'enseignement dispensé.

Une professeure de langue vivante explique la situation : « Aux niveaux 5e, 4e et 3e, les effectifs seraient alors égaux ou supérieurs à 30 élèves. Au lieu de profiter de la baisse démographique pour améliorer les conditions d'enseignement, on préfère alourdir les effectifs, y compris dans les classes d'examen. »

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Les enseignants appuient leur opposition par des données concrètes. Une collègue rappelle les résultats du Brevet des Collèges : « En 2024, avec des classes à 30 élèves, le taux de réussite était de 87 %. En 2025, avec des classes à 25 élèves, ce taux est passé à 97 %. » Cette différence significative illustre l'impact direct de la taille des classes sur les performances des élèves.

Des arguments pédagogiques et matériels solides

Au-delà des statistiques, les professeurs avancent des arguments pédagogiques de poids. Une enseignante en mathématiques souligne : « Des effectifs élevés rendent dérisoire le temps accordé à l'oral. Or, les élèves en difficulté à l'écrit doivent être valorisés, voire évalués à l'oral. C'est impossible en cas de sureffectif. »

Les considérations matérielles viennent renforcer cette opposition. Les enseignants pointent du doigt les limites physiques des salles de classe : « Les salles ne sont pas dimensionnées pour accueillir 30 élèves. Certaines ne sont déjà pas aux normes quant au nombre de sorties de secours, et il faudrait encore en obstruer d'autres pour placer les tables destinées aux enfants. » Cette situation pose des questions sérieuses quant à la sécurité des élèves et du personnel.

Une mobilisation parentale déterminée

Les parents d'élèves se sont immédiatement joints à la protestation. Marion Druillet, élue FCPE, et Marie-Line Dubourg de l'association Nous-Vous-Ils, déclarent à l'unisson : « Il y va de l'intérêt de nos enfants, c'est maintenant qu'il faut agir. Si le système à 30 élèves passe, il risque de se généraliser aux 6e à l'avenir : c'est la porte ouverte aux classes surchargées. »

Durant ces trois journées, les associations ont appelé les parents à ne pas envoyer leurs enfants en classe et à se rassembler chaque matin devant les grilles du collège. Cette mobilisation a rassemblé non seulement des adultes mais aussi des collégiens directement concernés.

Le témoignage poignant des élèves

Parmi les manifestants, Océane et Jules, élèves de 5e dans une classe de 30 élèves, décrivent avec précision les effets du sureffectif qu'ils vivent au quotidien :

  • Un niveau sonore élevé et constant
  • Un manque de place évident dans les salles
  • Des possibilités réduites de manipuler le matériel pédagogique, notamment en sciences de la vie et de la Terre (SVT)

Adam, élève de 4e dyslexique, partage son expérience personnelle : « Apprendre implique pour moi une concentration extrême, très difficile dans des conditions qui favorisent le chahut. » Son témoignage met en lumière les difficultés supplémentaires rencontrées par les élèves ayant des besoins éducatifs particuliers dans des classes surchargées.

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Des actions complémentaires et des perspectives

Parallèlement à cette mobilisation physique, les associations ont mis en ligne une pétition qui a recueilli 747 signatures, démontrant un soutien significatif au sein de la communauté locale. Elles ont également obtenu un rendez-vous important avec la directrice académique adjointe, prévu pour le lundi 2 mars.

La maire d'Audenge, Nathalie Le Yondre, présente lors de la mobilisation du mardi matin, a apporté son soutien aux parents et aux enseignants. Elle avait déjà plaidé leur cause dès le 11 février auprès du directeur académique des services départementaux de l'Éducation nationale, montrant ainsi l'implication des élus locaux dans ce dossier.

Cette mobilisation à Audenge s'inscrit dans un contexte plus large de défense de l'éducation publique et de ses conditions d'exercice. Elle met en lumière les tensions entre les impératifs budgétaires et la qualité de l'enseignement, une problématique qui dépasse le cadre local pour toucher à des enjeux nationaux en matière d'éducation.