Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a haussé le ton lundi en avertissant les États-Unis qu'une attaque contre l'île provoquerait un « bain de sang ». Cette déclaration intervient alors que Washington a annoncé de nouvelles sanctions visant le renseignement cubain et une dizaine de hauts responsables de l'île communiste.
Des menaces de riposte
Miguel Diaz-Canel a souligné le droit « légitime » de son pays à riposter à une éventuelle agression des États-Unis. Selon les renseignements américains, Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et étudierait des scénarios pour leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo. Des responsables à Washington ont mis en garde contre une « menace croissante » due à la proximité de ces capacités.
Le dirigeant cubain a réaffirmé que son pays « ne représentait pas une menace et n'avait ni plans ni intentions agressives » envers d'autres nations. Il a accusé Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire, qui, si elle se matérialisait, « provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables », a-t-il dénoncé sur X.
L'ambassadeur cubain à l'ONU a également déclaré que l'hypothèse d'une attaque de Cuba contre les États-Unis n'avait « aucun sens », accusant Washington de « fabriquer un prétexte » pour justifier une éventuelle action militaire.
Nouvelles sanctions américaines
Le ministère américain des Finances a annoncé l'ajout du principal service de renseignement cubain et d'une dizaine de hauts responsables à sa liste des entités et personnes sous sanction. Parmi les personnes visées figurent le président de l'Assemblée nationale cubaine et du Conseil d'État, Estaban Lazo, ainsi que trois ministres (Justice, Énergie, Communications). Quatre généraux cubains, dont le chef du contre-espionnage militaire, Jose Miguel Gomez del Vallin, sont également concernés.
Outre le renseignement, le ministère de l'Intérieur et la Police nationale révolutionnaire, accusés de réprimer violemment les manifestations, sont à nouveau sanctionnés. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a averti que d'autres sanctions seraient prononcées prochainement contre Cuba.
Blocus pétrolier et crise économique
Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, n'ayant autorisé l'arrivée que d'un seul pétrolier russe. La situation économique et énergétique de l'île s'est fortement dégradée. Le gouvernement a reconnu la semaine dernière qu'il n'avait plus de diesel ni de fioul pour alimenter les groupes électrogènes complétant la production électrique des sept centrales thermoélectriques du pays.
Les délestages électriques se sont aggravés, avec des coupures pouvant dépasser vingt heures par jour dans la capitale et durer des journées entières en province. Ces interminables coupures ont provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs quartiers de La Havane.
Aide humanitaire et discussions
Dans ce contexte tendu, une nouvelle cargaison d'aide humanitaire en provenance du Mexique est arrivée lundi à Cuba, le cinquième envoi depuis février. Par ailleurs, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu récemment à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, alors que les deux pays poursuivent leurs discussions à l'un des moments les plus tendus de leurs relations bilatérales.



