Crise des profs d'EPS : 10% des établissements manquent d'enseignants, le syndicat dénonce
Manque de profs d'EPS dans 10% des établissements scolaires

Une rentrée sportive sous tension : le cri d'alarme des enseignants d'EPS

En cette journée nationale du sport scolaire, le 17 septembre, le Snep-FSU, principal syndicat des professeurs d'Éducation physique et sportive, a brandi ses revendications avec force. Plus d'un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, l'organisation dénonce un "héritage" largement fictif, affirmant que les mesures actuelles vont à l'encontre du développement de la pratique sportive dans les établissements scolaires.

Une pénurie criante d'enseignants et des conditions dégradées

Le syndicat a recensé, pour cette rentrée, que 10% des établissements scolaires manquent au moins un professeur d'EPS, ce qui se traduit par 1 235 heures de cours hebdomadaires non assurées. Coralie Benech, cosecrétaire générale du Snep-FSU, souligne l'incompréhension face à cette situation, alors que les concours de recrutement dans cette discipline font le plein. Dans un contexte où 71% des classes comptent plus de 28 élèves et 52% plus de 26 élèves en secteur prioritaire, les apprentissages deviennent particulièrement délicats.

Depuis 2017, 1 371 postes d'EPS ont été supprimés en France, malgré une augmentation de 8 000 élèves sur la même période. Le syndicat pointe également du doigt le gel des crédits pour les équipements sportifs, alors que 49% de ces installations sont jugées très dégradées pour la pratique. La baisse de 5 milliards d'euros de crédits aux collectivités territoriales, premières investisseuses dans ce domaine, aggrave encore la situation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un volume horaire insuffisant et des réformes inefficaces

Le Snep-FSU milite depuis longtemps pour quatre heures de sport par semaine de la 6e à la terminale, contre quatre heures en 6e et trois dans les autres niveaux actuellement. Coralie Benech martèle que c'est la seule solution pour améliorer le niveau des élèves décrocheurs, sans pénaliser les autres matières, le volume d'enseignement étant limité à vingt-six heures par semaine au collège.

L'expérience des deux heures supplémentaires au collège le mercredi, basée sur le volontariat, est qualifiée d'échec, car les élèves qui en auraient besoin se sont très peu inscrits. Cela survient alors que de nombreuses études alertent sur la sédentarité et la baisse de condition physique des adolescents. Face à ceux qui brandissent le système allemand – études le matin, sport l'après-midi – comme modèle, la secrétaire générale répond que c'est impossible à mettre en place, les installations étant déjà saturées avec des cours sur l'ensemble de la journée. Elle note qu'en Allemagne, beaucoup d'établissements commencent à se rapprocher du modèle français en étalant les cours de sport sur toute la journée.

Une mobilisation syndicale en perspective

Selon le syndicat, les professeurs d'EPS seront nombreux à suivre le mouvement national de grève prévu le 18 septembre. Cette action s'inscrit dans un contexte plus large de dénonciation des manques de moyens pour la pratique sportive à l'école, où le Snep-FSU appelle à une refonte complète des politiques éducatives en faveur du sport.

Le syndicat conclut en affirmant : "On prétend vouloir faire de la France une nation sportive, mais on agit à l'inverse !", soulignant le décalage entre les discours officiels et la réalité sur le terrain. Cette crise met en lumière les défis persistants de l'éducation physique en France, entre pénurie d'enseignants, équipements vétustes et volumes horaires insuffisants.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale