Manifestation massive en Lot-et-Garonne contre la suppression de 38 postes enseignants
Manifestation contre la suppression de postes enseignants en Lot-et-Garonne

Une mobilisation inédite pour défendre l'école publique

Ce jeudi 12 mars, une centaine de personnes s'est rassemblée devant la Direction départementale des services de l'Éducation nationale en Lot-et-Garonne. Cette manifestation, organisée par l'intersyndicale enseignante, protestait contre le projet de carte scolaire qui prévoit la suppression de 11 postes dans le premier degré et de 27 postes dans le secondaire. « Cela fait longtemps qu'une manifestation, en semaine, n'avait pas rassemblé autant de monde », ont souligné les organisateurs.

Une coalition élargie d'acteurs éducatifs

Pour la première fois, les parents d'élèves de la FCPE se sont joints au mouvement, accompagnés de quelques élèves. De cette union est né un collectif baptisé « Contre la casse de l'école publique en Lot-et-Garonne ». Les manifestants scandaient « Du fric pour l'école publique, du cash pour les AESH » sous les fenêtres de l'administration, exigeant une audience immédiate.

« Ce n'est pas parce que nous habitons dans le Lot-et-Garonne que l'accès à l'école doit être moindre ! Ce sont les élèves qui sont punis », ont-ils déclaré avec véhémence. Les syndicats ont comparé ces suppressions de postes à celles des premières années du mandat de Nicolas Sarkozy, les qualifiant de records négatifs.

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Des chiffres alarmants et des conséquences concrètes

Sur le papier, la carte scolaire prévoit :

  • 11,5 postes supprimés dans les écoles maternelles et élémentaires
  • 27 postes supprimés dans les collèges et lycées

Les syndicats alertent sur d'éventuelles ouvertures qui, mathématiquement, entraîneraient d'autres fermetures dans le premier degré. Ils dénoncent également les besoins en formation non satisfaits : « Une catastrophe… Même l'Éducation nationale annule ses formations car il n'y a pas assez de remplaçants. Alors que 40 contractuels ont été embauchés ! »

Pour la rentrée prochaine, l'inquiétude grandit avec l'arrivée des PAS (Pôles d'appui à la scolarité) qui remplacent les Pials, chargés de coordonner le travail des Accompagnateurs d'élèves en situation de handicap (AESH). Les enseignants qualifient cette réforme de « truc en plus » problématique.

Des établissements particulièrement touchés

La mobilisation initialement prévue pour soutenir la Cité scolaire de Nérac s'est transformée en mouvement général. Parmi les établissements affectés par des pertes d'heures « disproportionnées » :

  1. La Cité scolaire de Nérac
  2. Le lycée Bastide portes du Lot à Villeneuve
  3. Le collège La Rocal de Bon-Encontre
  4. Le collège Paul-Froment à Sainte-Livrade
  5. Le collège Daniel-Castaing au Mas-d'Agenais

Les enseignants de ces lycées, dont certains avaient déjà exprimé leur mécontentement à Villeneuve, étaient largement représentés lors de la manifestation. Leurs revendications étaient affichées sur les grilles de la DSDEN.

Une carte scolaire qui ne passe pas

« Cette carte scolaire ne peut pas passer en l'état », s'indignent professeurs et parents. Alors que la présentation officielle est prévue le 30 mars, les estimations parlent d'une vingtaine d'écoles impactées. En pleine période électorale, il reste difficile d'identifier précisément tous les établissements concernés.

Les manifestants ont lancé un avertissement solennel : « Nous, enseignants, parents, personnels de l'Éducation nationale, tirons la sonnette d'alarme. Pour que l'école publique ne devienne pas une garderie low-cost. » Ils rejettent l'argument démographique avancé par l'administration, soulignant que même lorsque les effectifs augmentent dans les collèges et lycées, la dotation horaire reste au mieux identique.

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