Une journée d'immersion pour les jeunes en difficulté scolaire
Ce mardi 19 octobre, sur le chemin des douaniers au Barrou à Sète, une opération inédite a rassemblé 24 jeunes Héraultais âgés de 16 à 18 ans en situation de décrochage scolaire. Organisée par la Région Occitanie, la journée "Horizons maritimes" avait pour objectif de sensibiliser ces adolescents à la protection de l'environnement et de leur faire découvrir les multiples métiers liés à la mer.
Un partenariat régional ambitieux
L'initiative a été mise en œuvre conjointement par la direction de la mer et la direction de l'emploi-formation de la Région Occitanie, en collaboration avec plusieurs partenaires locaux. Parmi eux figuraient les Missions locales Petite-Camargue héraultaise et Montpellier-Méditerranée-Métropole, le Parlement de la Mer, le Cepralmar (Centre de promotion des activités lagunaires et maritimes), le CRCM (Comité régional de conchyliculture en Méditerranée) ainsi que le CPIE (Centre permanent d'initiatives pour l'environnement) du bassin de Thau.
Des profils variés, un objectif commun
Parmi les participants, Aurélie, 17 ans, originaire de Jacou, avait obtenu un bac professionnel en laboratoire de contrôle qualité avant d'interrompre son BTS pour se réorienter vers le secteur social. Gaëlle, 17 ans, de Montpellier, était quant à elle en première STAV (Sciences technologiques de l'agronomie et du vivant) avec l'ambition de devenir vétérinaire, avant d'abandonner elle aussi son parcours. Ces deux jeunes femmes, comme leurs camarades, étaient inscrites dans l'école de la seconde chance ou engagées dans un nouveau parcours de formation.
Un programme d'activités complet
La journée a été rythmée par plusieurs activités immersives :
- La visite du lycée de la Mer Paul-Bousquet, un établissement de référence dans la formation aux métiers maritimes
- Une opération de nettoyage des rives de l'étang de Thau, intitulée "Faisons des merveilles pour une mer sans déchets", équipés de gants, sacs en jute et pinces spéciales
- Une traversée de la lagune avec arrêt sur une table conchylicole pour découvrir l'ostréiculture
- La visite de deux mas à Loupian, Ostréisud et Au Détour, pour approfondir la connaissance des métiers de la mer
Un enjeu crucial de renouvellement des générations
Sébastien Denaja, conseiller régional, a souligné l'importance de cette initiative face au décrochage scolaire, "un sujet lourd" qui s'est accru avec la crise du Covid-19. "Le volontarisme de la Région Occitanie vise à remettre ces jeunes sur pied, à travers une formation, la découverte de nouveaux horizons, l'apprentissage d'un métier", a-t-il expliqué.
Concernant spécifiquement l'ostréiculture, Sylvian Pelegrin, chef de l'établissement du lycée Paul-Bousquet, et le CRCM ont alerté sur un enjeu majeur : "D'ici 5 à 10 ans, la moitié des exploitants vont partir à la retraite, d'où un besoin crucial de renouvellement." À cela s'ajoutent des besoins en personnel d'exécution pour des tâches comme le détroquage et le calibrage, particulièrement en période de fêtes.
Des perspectives d'emploi concrètes
Le lycée Paul-Bousquet propose des formations CAP de deux ans pour répondre à ces besoins. "L'important, c'est de donner envie aux jeunes de s'investir dans nos filières maritimes", insiste Sylvian Pelegrin. Sébastien Denaja ajoute : "Il y a aussi des besoins dans le portuaire", élargissant ainsi les perspectives professionnelles.
Selon le directeur du lycée, 85 % des anciens élèves ont décroché un emploi, y compris sur des plateformes pétrolières. L'établissement, l'un des douze lycées professionnels maritimes de France, accueille chaque année 250 élèves, 50 étudiants en BTS, et de 600 à 1 000 adultes en formation continue, couvrant toutes les filières des métiers de la mer.
Une expérience enrichissante pour les participants
Si Aurélie et Gaëlle ne se destinent pas spécifiquement aux métiers de la mer, elles ont toutes deux souligné, comme la plupart de leurs camarades, le caractère enrichissant de cette journée. "Ce fut une journée enrichissante. On a appris plein de choses. Comment naissent les huîtres, par exemple, et on a fait une belle balade !", ont-elles témoigné.
Cette initiative régionale démontre ainsi l'importance de proposer des alternatives concrètes et immersives aux jeunes en difficulté scolaire, tout en répondant aux besoins économiques et environnementaux des territoires littoraux.



