Interdiction des téléphones au collège : le défi logistique des établissements nîmois
Interdiction téléphones collège : défi logistique à Nîmes

Interdiction des téléphones au collège : le défi logistique des établissements nîmois

À partir de la rentrée scolaire, les collégiens de Nîmes, comme dans toute la France, ne pourront plus avoir leur téléphone mobile avec eux. Cette mesure, annoncée par la ministre de l'Éducation nationale, Elisabeth Borne, lors de sa conférence de presse de rentrée le 27 août, généralise le dispositif portable en pause. Elle interdit l'utilisation des téléphones portables à l'école et au collège, obligeant les élèves à les confier à des adultes à l'entrée des établissements.

Une annonce de dernière minute

Les chefs d'établissements nîmois, pris de court, doivent rapidement s'organiser. Julien Manot, directeur de cabinet du directeur des services de l'éducation nationale dans le Gard, explique : "L'expérimentation ayant été menée dans plusieurs collèges de France, l'an passé, nous attendions une généralisation. Mais pas à trois jours de la rentrée." Cette soudaineté plonge les collèges dans une course contre la montre pour mettre en place la mesure.

La logistique, un casse-tête énergivore

À Nîmes, le collège du Mont-Duplan, avec plus de 500 élèves, doit réfléchir à des solutions pratiques. Hervé Pocino, le nouveau proviseur, prévoit d'aborder la question lors d'une réunion plénière avec son équipe pédagogique. Les interrogations sont nombreuses : comment stocker les mobiles ? Quel personnel dédier à cette tâche ?

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L'expérience de l'institut Emmanuel d'Alzon, qui a testé le procédé l'an passé pour une soixantaine d'élèves au Grau-du-Roi, illustre les défis. Yvan Lachaud, directeur, témoigne : "C'est extrêmement énergivore comme procédé." Son établissement a opté pour des boîtes à téléphones, avec une case nominative par élève. Chaque matin, un conseiller d'éducation récupérait les appareils éteints, et le soir, un surveillant les restituait. Pour les externes, le passage par la vie scolaire ajoutait une complexité supplémentaire.

Une mesure nécessaire pour la concentration

Malgré les difficultés, Hervé Pocino soutient la mesure : "Les études montrent que lorsqu'un élève regarde son téléphone en cours, il lui faut près de 20 minutes pour retrouver un niveau de concentration acceptable." Pour lui, l'enjeu est la réussite scolaire. Cependant, des questions pratiques persistent, comme le stockage des appareils. "Imaginez 500 portables allumés dans une même pièce. Il en va d'une question de santé publique," souligne-t-il, évoquant les risques liés aux ondes.

Des solutions techniques et budgétaires en suspens

Des pistes existent, comme les hôtels à téléphones ou les pochettes coupant les ondes, qui permettent de verrouiller les mobiles jusqu'à ce qu'une borne autorise leur ouverture. Mais le budget reste un obstacle. Hervé Pocino estime que "les conseils départementaux devront allouer des enveloppes aux achats de dispositifs." Pour l'instant, la DSDEN (Direction des services départementaux de l'éducation nationale) du Gard n'a pas encore de réponses précises. Julien Manot concède : "Nous allons acquérir du mobilier dédié, mais pour l'heure, nous n'avons pas plus d'informations."

La pédagogie au cœur de l'urgence

Face à ces incertitudes, Hervé Pocino insiste sur l'importance de la pédagogie : "Dialoguer avec les élèves et leurs parents pour leur faire comprendre l'intérêt de ne pas allumer son téléphone à l'école." Cette approche est jugée cruciale pour assurer l'adhésion à la mesure et faciliter sa mise en œuvre dans les collèges nîmois, où l'organisation reste à peaufiner.

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