Une lycéenne récompensée pour son engagement cinématographique en faveur de la tolérance
À Nîmes, une cérémonie émouvante a mis en lumière le parcours inspirant d'Inès Bigonnet, une jeune Angloise de 16 ans. Elle a reçu des mains de Patrick Sandevoir, président de la section gardoise de l'Association nationale des membres de l'Ordre national du mérite, le Prix départemental du civisme pour la jeunesse 2021. Cette distinction honore son moyen-métrage intitulé Moi, Léa, une œuvre qui explore avec sensibilité les thèmes de la différence et de l'acceptation.
Un film né d'une expérience personnelle
Inès Bigonnet, élève en classe de première générale au lycée Théodore-Aubanel, joue elle-même le rôle principal de Léa dans son film. Atteinte du syndrome d'Asperger depuis l'âge de 13 ans, elle partage ouvertement ses défis : "des facilités dans certains domaines, mais avec des handicaps sur des sujets scientifiques". Malgré le soutien d'une auxiliaire de vie scolaire, elle a souvent subi des moqueries dans son quotidien. C'est pour briser ce silence qu'elle a écrit ce scénario, mêlant ses propres expériences à un message d'espoir.
Le film vise à sensibiliser les jeunes au droit à la tolérance, en montrant que chacun est capable de poursuivre ses passions, comme le sport. Inès explique : "Alors, pour pouvoir m'exprimer, j'ai écrit ce moyen-métrage qui mélange les moqueries perçues et montre que l'on est capable et libre de pratiquer le sport que l'on aime."
Un projet ambitieux réalisé avec détermination
Inès s'est lancée dans cette aventure à l'âge de 15 ans, sans aucune expérience préalable en cinéma. "Sans aucune notion de la préparation, ni de comment on pouvait le réaliser. J'ai tout appris sur le tas", confie-t-elle. Après sept mois de travail acharné, elle a présenté son projet à l'Imca Provence, un centre de formation cinématographique. Grâce à sa persévérance, elle a convaincu plusieurs personnes de rejoindre l'équipe, incluant des cadreurs, un perchman et des maquilleurs.
L'Imca a fourni du matériel performant gratuitement pour le tournage, réalisé par des amateurs passionnés aspirant à une carrière professionnelle. Le film a nécessité sept week-ends consécutifs, de fin mai à mi-juillet 2020, et a été présenté en avant-première au cinéma Vox d'Avignon le 6 octobre 2020.
Une aventure humaine riche en émotions
Inès décrit cette expérience comme "une grande aventure humaine, avec beaucoup de rencontres, d'émotions et de souvenirs, et je suis très heureuse de la partager". Quant à son avenir, elle envisage plusieurs possibilités : "J'adore le chant, j'ai une voix de soprano. Le cinéma peut-être ?". Son film, Moi, Léa, continue de circuler en ligne, servant de puissant outil de sensibilisation pour promouvoir l'inclusion et la compréhension mutuelle.
Cette histoire illustre comment la créativité et la résilience peuvent transformer des défis personnels en messages universels, inspirant une nouvelle génération à embrasser la diversité et à lutter contre les préjugés.



