Hommage à Samuel Paty : Les collégiens de Béziers toujours marqués par l'attentat
Hommage à Samuel Paty : Les collégiens biterrois toujours marqués

Un an après l'assassinat de Samuel Paty, l'émotion persiste dans les collèges

Les 700 collégiens de l'établissement privé Le Pic à Béziers ont respecté avec solennité la minute de silence nationale ce vendredi 15 octobre 2021. Un an après la mort tragique du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, décapité dans un acte terroriste à Conflans-Sainte-Honorine, l'onde de choc continue de résonner à près de 800 kilomètres de distance, dans les salles de classe héraultaises.

Un devoir de mémoire ancré dans les esprits jeunes

François-Xavier Soulet, enseignant au collège Le Pic, a initié ses élèves de 6e et 3e à cette commémoration par un exercice pédagogique poignant. "J'ai projeté l'image de l'hommage à la Sorbonne. Quand je leur ai demandé s'ils connaissaient le lieu, j'ai eu de tout. Notre-Dame, l'Élysée, le Panthéon... C'est Charles, un élève de 6e qui m'a donné la bonne réponse", raconte l'enseignant, encore surpris par la perspicacité de son jeune élève.

Cécile Simon, collègue professeure d'histoire-géographie, confirme cette conscience collective : "Cette année j'ai commencé mon cours en leur demandant s'ils savaient tous qui était Samuel Paty. Seul un petit garçon, d'origine roumaine, ignorait son nom et son histoire. Autrement, tous situaient l'Homme". L'année précédente, ses élèves de 4e avaient exprimé une incompréhension profonde face à la violence de l'acte, une perplexité qui perdure aujourd'hui.

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Des traumatismes qui transcendent les murs de l'école

L'impact de l'attentat a profondément affecté l'ensemble de la communauté éducative. François-Xavier souligne la spécificité de sa matière : "Je pense que si j'avais été professeur de français, je me serais senti touché aussi, mais bien moins qu'en étant professeur d'histoire". Pour Cécile, les conséquences ont été familiales et psychologiques : "À la maison, ça a été très compliqué dès le soir de l'annonce. Mon mari est professeur d'histoire-géo aussi. Ensuite, mon fils, seulement âgé de 10 ans, nous demandait régulièrement les matins s'il 'allait nous revoir ce soir'. S'en est suivi 15 jours de psychologue".

Les deux enseignants admettent avoir modifié leur pratique pédagogique. "On pèse beaucoup plus nos mots qu'avant, surtout sur la thématique de la religion", explique François-Xavier. Cécile ajoute : "On ne sait jamais comment les enfants peuvent interpréter nos paroles ! Et puis, on se projette aussi... On sait que ça aurait pu arriver à n'importe quel enseignant".

Une minute de silence chargée de symboles

Élisabeth Reichenbach, principale du collège, a rassemblé élèves et enseignants pour une cérémonie sobre et significative. "Nous sommes ici pour saluer la mémoire de Samuel Paty, assassiné pour avoir expliqué à ses élèves le prix qu'il convient d'accorder à la liberté d'expression", a-t-elle déclaré. "C'est, pour nous, le moyen de protéger cette liberté et de faire en sorte qu'elle ne nous soit plus jamais arrachée".

Les 700 adolescents, âgés de 11 à 14 ans, ont observé le silence avec un respect remarquable, démontrant que malgré leur jeune âge, ils comprennent l'importance du combat pour les valeurs républicaines. Cet hommage collectif témoigne de la résilience d'une profession meurtrie mais déterminée à transmettre les principes fondamentaux de la République.

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