Une plongée dans l'histoire méconnue des travailleuses du bassin d'Arcachon
Lors d'une conférence captivante organisée dans le cadre du Café histoire à la médiathèque, l'historienne Isabelle Antonutti a dévoilé ses recherches approfondies sur le travail des femmes autour du bassin d'Arcachon aux XIXe et XXe siècles. Cet événement, qui s'est tenu le samedi 7 mars, a été spécialement conçu pour contribuer à la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars.
Des archives qui parlent enfin
Isabelle Antonutti a minutieusement examiné les archives municipales des villes entourant le bassin d'Arcachon, couvrant la période du XIXe siècle jusqu'au début du XXe siècle. Elle a également étudié les rares écrits disponibles concernant le sort de ces femmes travailleuses. « Il ne manque pas de photos et de cartes postales montrant les travailleuses de la mer », a-t-elle souligné avec passion.
L'historienne a particulièrement insisté sur les parqueuses, ces femmes qui portaient des pantalons – une tenue rare pour l'époque – ainsi qu'une benaise sur la tête. Elles effectuaient des tâches similaires à celles des hommes, mais leurs salaires demeuraient systématiquement inférieurs, révélant ainsi des inégalités profondément ancrées.
Des obstacles institutionnels persistants
Un fait marquant a été mis en lumière : bien que le Conseil général ait officiellement interdit aux femmes de monter sur les bateaux, des traces historiques montrent que certaines figuraient parmi les victimes de naufrages. Cette contradiction illustre la réalité complexe du travail féminin dans ce secteur.
En revanche, concernant les femmes employées dans d'autres domaines comme :
- L'agriculture
- Le commerce
- Les services dans les maisons bourgeoises
les références historiques se font cruellement rares. Seules les salariées enregistrées dans les registres municipaux ont laissé une trace administrative de leur existence professionnelle.
Une mémoire collective ravivée
La conférence s'est conclue par un moment d'échange riche et émouvant où les participants ont partagé leurs propres souvenirs familiaux et anecdotes concernant ces travailleuses. Cette interaction a permis de tisser un lien tangible entre les archives historiques et la mémoire vivante de la communauté.
Isabelle Antonutti a ainsi réussi à redonner une voix à ces femmes dont le labeur a largement contribué au développement économique et social du bassin d'Arcachon, tout en restant trop souvent dans l'ombre de l'histoire officielle.



