Une étudiante en pharmacie sur deux victime de harcèlement sexuel durant ses études
Harcèlement sexuel : une étudiante en pharmacie sur deux touchée

Une filière de santé en proie à des violences sexistes et sexuelles alarmantes

Les résultats d'une étude menée par l'Association nationale des étudiants en pharmacie (ANEPF) jettent une lumière crue sur les violences sexistes et sexuelles qui sévissent dans les facultés de pharmacie françaises. Les chiffres révélés sont particulièrement préoccupants et soulignent l'urgence d'une prise de conscience collective.

Des statistiques qui font froid dans le dos

L'enquête, réalisée auprès de 2 103 étudiants en pharmacie, démontre que la filière est massivement touchée par ces phénomènes. Les données sont sans appel : une future pharmacienne sur quatre déclare avoir subi une agression sexuelle dans le cadre de ses études. Ce pourcentage monte à une sur deux lorsqu'il s'agit de harcèlement sexuel, révélant ainsi l'ampleur du problème.

Les femmes sont nettement plus concernées que les hommes, avec une proportion deux fois plus élevée de victimes. Cette disparité genrée interpelle et questionne les dynamiques à l'œuvre au sein de ces établissements d'enseignement supérieur.

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Des violences multiformes et banalisées

Les formes de violence recensées sont diverses et souvent minimisées. Ainsi, 55% des étudiantes rapportent avoir déjà fait l'objet de remarques sexistes, émanant aussi bien de leurs pairs que de certains professeurs. Ces propos déplacés créent un climat délétère qui affecte le bien-être et la réussite académique des victimes.

Le harcèlement sexuel toucherait 48% des étudiantes, se manifestant par des messages inappropriés, des attouchements déguisés en gestes anodins comme des caresses sur les cheveux pendant les cours, ou d'autres comportements intrusifs. Les agressions sexuelles, quant à elles, concernent 27% des étudiantes et surviennent principalement lors de soirées étudiantes, lieux où les frontières du consentement semblent trop souvent bafouées.

Le poids des traditions et un effet de mimétisme inquiétant

Théo Vitrolles, porte-parole de l'ANEPF, exprime sa surprise face à la banalisation de ces actes entre étudiants. "On ne s'attendait honnêtement pas à retrouver ce genre de violences", confie-t-il, soulignant que le poids des "traditions" et un "effet de mimétisme" contribuent à ancrer ces comportements toxiques.

Selon lui, ces violences sont plus répandues dans le milieu de la santé que dans les autres filières universitaires, ce qui pose la question des spécificités culturelles et éducatives de ces parcours. Numan Bahroun, président de l'ANEPF, déplore des "constats affligeants et déplorables" et affirme vouloir "briser l'omerta" qui entoure trop souvent ces sujets.

Des témoignages qui illustrent une réalité glaçante

Les exemples concrets ne manquent pas pour illustrer l'impact de ces violences sur la vie des étudiantes. Du recours à la pilule du lendemain suite à des rapports non consentis à la nécessité de subir un avortement, les conséquences sont parfois dramatiques et durablement traumatisantes.

La campagne #EtudionsSansAgressions lancée par l'association vise à libérer la parole et à sensibiliser l'ensemble de la communauté universitaire. Présentée officiellement le 2 février 2022, cette enquête marque un tournant dans la prise en compte des violences sexistes et sexuelles au sein des études de pharmacie.

Face à ces révélations accablantes, il apparaît essentiel de mettre en place des mesures concrètes pour protéger les étudiants, former les enseignants et modifier en profondeur une culture qui tolère encore trop souvent l'inacceptable. La santé mentale et physique des futurs professionnels de santé en dépend directement.

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