Harcèlement scolaire : l'association nîmoise Alphé développe une méthode innovante de prévention
Harcèlement scolaire : la méthode innovante de l'association Alphé

Harcèlement scolaire : l'association nîmoise Alphé développe une méthode innovante de prévention

L'association nîmoise Alphé, créée en 2014, mène un travail de prévention essentiel contre le harcèlement scolaire en intervenant bénévolement dans de nombreux collèges d'Occitanie. Son approche novatrice, basée sur les émotions et l'empathie, vise à sensibiliser les adolescents, les parents et les enseignants face à ce phénomène préoccupant.

Une méthode européenne testée et approuvée

Gabriela, la présidente de l'association, explique : "De 2016 à 2018, un projet européen regroupant cinq pays a testé une méthode de prévention nouvelle, basée notamment sur des méthodes italiennes et finlandaises et nous avons été habilités à utiliser cette méthode." Labellisée centre de formation pour enfants et adultes, Alphé propose quatre ateliers spécifiques aux collégiens :

  1. Définition précise du harcèlement scolaire
  2. Identification des émotions et développement de l'empathie
  3. Résolution de problèmes en communauté
  4. Notions d'amitié et de comportement pro-social

Cette approche positive permet aux enfants d'expérimenter "le bonheur de vivre en groupe" tout en les armant contre les situations de harcèlement.

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Interventions auprès des parents et extension en primaire

L'association organise également des débats avec les parents, souvent à l'initiative des associations de parents d'élèves. "On leur donne la possibilité de s'exprimer et ils se rendent compte qu'ils éprouvent les mêmes difficultés à reconnaître un enfant en difficulté, à le faire parler", précise Gabriela. Ces rencontres fournissent des clés essentielles pour détecter les signes avant-coureurs, car "un enfant parle rarement spontanément dès le début de son harcèlement."

Face à la libération de la parole autour du harcèlement scolaire, l'association connaît une demande croissante. "Ce qu'on observe, c'est que nous sommes de plus en plus sollicités par des parents qui ont des enfants en primaire", note la présidente. "Il y a du harcèlement parfois dès le CE2, et de façon assez violente." Les enseignants constatent également cette évolution, notamment avec la généralisation des smartphones chez les moins de 11 ans, qui ouvre la voie à des dérives accentuées par les réseaux sociaux.

Sensibiliser les témoins : un rôle clé dans la prévention

Gabriela insiste sur l'importance cruciale des témoins dans les situations de harcèlement : "Notre rôle à nous est aussi de sensibiliser les témoins, leur faire comprendre qu'ils ont un rôle clé dans cette histoire. Liker, c'est participer. Rares sont ceux qui se hasardent à aider une victime alors c'est un acte civique."

Elle décrypte l'impact des réseaux sociaux : "C'est un outil très puissant et blessant. C'est très facile de liker des injures sans se rendre compte qu'on fait du mal." Pour qu'il y ait harcèlement, il faut en effet une victime, un bourreau, mais aussi une tierce personne témoin de ces méfaits.

Avec un planning complet jusqu'en mars, l'association Alphé continue son combat contre le harcèlement scolaire, adaptant ses méthodes aux nouvelles réalités numériques tout en maintenant son approche humaine centrée sur l'empathie et la responsabilisation collective.

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