Grève massive dans l'Éducation Nationale : jusqu'à 30% des enseignants du primaire mobilisés
Ce mardi 31 mars, une mobilisation d'ampleur secoue l'Éducation Nationale. Selon le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, jusqu'à 30% des enseignants du premier degré du public pourraient être en grève. Cette action vise à protester contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, tout en exigeant une revalorisation des salaires.
Une mobilisation disparate selon les territoires
La secrétaire générale du SNUipp-FSU, Aurélie Gagnier, a précisé lors d'une conférence de presse que la mobilisation serait « très disparate selon les départements ». Elle a reconnu avoir « un petit peu de mal à avoir de la visibilité », mais a indiqué que des régions comme Paris, la Gironde, l'Aude ou les Yvelines annoncent une forte participation dans les écoles publiques.
Des inquiétudes dans le second degré
Contrairement au premier degré, les enseignants du second degré (collèges et lycées) ne sont pas tenus de se déclarer grévistes à l'avance. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, estime que la mobilisation pourrait être « assez suivie dans certaines académies », notamment à Aix-Marseille, en région parisienne ou à Lille.
4.000 suppressions de postes prévues
Cette grève intervient dans un contexte de coupes budgétaires sévères. Au total, 4.000 suppressions de postes d'enseignants, public et privé confondus, sont attendues pour la rentrée 2026. Cela comprend 1.891 postes dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a justifié ces mesures par une « chute démographique vertigineuse ».
Critiques syndicales et morosité des personnels
Les syndicats dénoncent vivement cette approche. Morgane Verviers, secrétaire générale de l'Unsa-éducation, a fustigé : « Cette baisse démographique est utilisée comme une forme d'alibi pour une réflexion assez mécanique, alors qu'elle devrait être une opportunité pour nous donner de l'air ». De son côté, Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT Éducation, a déploré que « aucune mesure salariale ne vient reconnaître la bonne volonté des personnels », ce qui pèse sur leur moral.
Cette journée de grève souligne ainsi les tensions croissantes au sein de l'Éducation Nationale, où les personnels réclament des conditions de travail améliorées et une reconnaissance financière, face à des réductions d'effectifs perçues comme injustifiées.



