Mobilisation exceptionnelle contre la réduction des classes
Jeudi 12 mars, le collège Daniel-Castaing au Mas-d'Agenais a connu une journée de grève totale de son personnel enseignant. L'ensemble des professeurs a cessé le travail pour protester contre la suppression d'une classe prévue pour la rentrée scolaire 2026-2027. Ce mouvement, qualifié d'exceptionnel dans un établissement habituellement peu gréviste, a laissé la cour et les salles étrangement calmes.
Une dotation horaire qui inquiète profondément
La principale, Noémie Hervé, s'est retrouvée seule avec l'agent d'accueil et la gestionnaire. Les enseignants contestent la dotation horaire globale provisoire pour la rentrée prochaine, qui impliquerait la fermeture d'une classe de 5e. Le collège passerait ainsi de 15 à 14 divisions, avec des conséquences directes sur les conditions d'enseignement.
Les effectifs par classe dépasseraient les 30 élèves, notamment en 5e, alors que les salles sont prévues pour 30 places maximum. Dans une motion votée en conseil d'administration mardi, les professeurs ont dénoncé cette situation : « Les AESH devraient rester debout. En plus de l'inconfort, les normes de sécurité ne seraient plus respectées en cas d'évacuation ».
Un soutien massif des parents d'élèves
Le mouvement des enseignants a reçu un appui significatif des familles. Les parents d'élèves avaient invité toutes les familles à ne pas envoyer leurs enfants au collège en signe de solidarité. Seulement une quarantaine d'élèves se sont présentés à la descente des cars de ramassage, et beaucoup ont été récupérés tout au long de la matinée par des proches.
Une délégation composée de professeurs et de parents devait rencontrer le directeur académique des services de l'Éducation nationale dans l'après-midi, mais ce rendez-vous a été annulé. La dotation définitive sera réévaluée en juin, laissant planer l'incertitude sur l'avenir de cette classe menacée.
Des conséquences pédagogiques et sécuritaires
Avec 92 élèves actuellement en 6e et des effectifs stables prévus, la suppression d'une division créerait des classes surchargées. Les enseignants soulignent que cette situation compromettrait la qualité de l'enseignement et la sécurité des élèves. Cette mobilisation collective illustre les préoccupations croissantes face aux réductions de moyens dans l'éducation nationale.



