Une mobilisation massive dans l'Éducation nationale
Une grève d'ampleur se prépare au sein de l'Éducation nationale ce jeudi 13 janvier 2022, touchant particulièrement les écoles primaires mais également les collèges et lycées. Selon les prévisions du SNUIpp, premier syndicat du primaire, près d'une école sur deux sera fermée à cette date. Le syndicat anticipe 75% de grévistes parmi les enseignants du premier degré, ce qui entraînerait la fermeture de la moitié des établissements scolaires.
Le ras-le-bol des enseignants face aux protocoles sanitaires
Depuis plusieurs mois, les personnels éducatifs dénoncent la dégradation constante des conditions d'enseignement due à des protocoles sanitaires jugés inadaptés et en évolution permanente. Le SNUipp-FSU qualifie la situation de "pagaille monstre" dans un communiqué virulent : "Non seulement le protocole actuel ne protège pas les élèves, les personnels et leurs familles mais de plus il désorganise complètement l'école. Ainsi, contrairement aux affirmations gouvernementales répétées, ce n'est pas l'école qui est ouverte mais une forme de 'garderie'".
Un mouvement soutenu par les parents d'élèves
La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) apporte son soutien à cette mobilisation, pointant du doigt le manque criant de moyens dans les établissements scolaires. L'organisation réclame des équipements concrets : "Les parents n'en peuvent plus de subir des protocoles qui changent et qui sont toujours très lourds pour les élèves et les équipes éducatives. Ils demandent au ministre que des moyens en masques, capteurs CO2, purificateurs d'air, et en savons soient véritablement fournis aux écoles". La FCPE appelle même les parents à ne pas amener leurs enfants à l'école ce jour de grève.
La position du ministre face à la contestation
Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a reconnu ce mardi 11 janvier à l'Assemblée nationale l'existence de "problèmes" dans le système éducatif, tout en relativisant : "comme dans tous les pays". Il a fermement dénoncé le mouvement de grève : "Ce n'est pas une grève qui résout les problèmes, on ne fait pas une grève contre un virus", tout en admettant que cette action allait "perturber davantage le système".
Les solutions de garde pour les enfants
Face à cette situation exceptionnelle, les parents doivent trouver des solutions alternatives pour la garde de leurs enfants. Plusieurs options s'offrent à eux, avec des modalités qui dépendent directement du taux de participation à la grève.
Le service minimum d'accueil : deux scénarios possibles
En théorie, les parents peuvent compter sur le service minimum d'accueil, dont l'organisation varie selon le pourcentage d'enseignants grévistes :
- Si moins de 25% des enseignants sont en grève : l'accueil doit être assuré par les personnels présents dans les écoles primaires.
- Si plus de 25% des enseignants sont grévistes : la commune ou l'intercommunalité doit organiser la garde des élèves, en mobilisant du personnel qualifié (assistantes maternelles, animateurs, fonctionnaires...).
Compte tenu des prévisions nationales, il est fort probable que le second scénario se produise. Cependant, la FCPE du Gard met en garde : "Tout le personnel (périscolaire) risque d'être en grève, ce n'est pas que les enseignants". Les communes devront également composer avec le manque de fonctionnaires dû aux arrêts maladie liés à la vague de Covid-19.
Les alternatives pour les parents
Si les solutions institutionnelles s'avèrent insuffisantes ou inaccessibles, plusieurs options s'offrent aux familles :
- Le télétravail : avec les nouvelles contraintes sanitaires imposant trois jours de télétravail hebdomadaire minimum, cette solution peut s'avérer précieuse pour garder ses enfants à domicile.
- Amener ses enfants au bureau : solution théoriquement possible selon le Code du travail, mais soumise à l'autorisation de l'employeur et au règlement intérieur de l'entreprise.
- Faire appel à des proches : nounous, grands-parents ou autres parents via des applications spécialisées comme PopMoms ou BSIT qui facilitent l'entraide entre familles.
- Négocier avec son employeur : en dernier recours, pour obtenir une journée de télétravail exceptionnelle ou poser un jour de congé.
Une situation particulièrement complexe dans le primaire
La grève de ce jeudi 13 janvier risque de désorganiser particulièrement les parents d'élèves du primaire, comme le confirme la FCPE du Gard. La situation finale ne sera connue que quelques heures avant le début des cours, stratégie délibérée selon un responsable de la Fédération : "Tout est peu caché pour que ça porte un peu plus ses fruits". Cette incertitude ajoute à la complexité de l'organisation pour les familles déjà éprouvées par des mois de protocoles sanitaires changeants.



