Grève nationale dans l'Éducation : une mobilisation disparate attendue ce mardi 31 mars
Une journée de grève nationale est prévue ce mardi 31 mars dans l'Éducation nationale, avec une mobilisation qui devrait varier considérablement selon les départements et les académies. Les syndicats enseignants anticipent une participation particulièrement importante dans certaines régions, tandis que d'autres territoires pourraient connaître un mouvement plus modéré.
Une mobilisation particulièrement forte dans le premier degré
Selon le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, jusqu'à 30% des enseignants du premier degré du public pourraient participer à cette journée de grève. La secrétaire générale du syndicat, Aurélie Gagnier, a précisé lors d'une conférence de presse que la mobilisation serait « très disparate selon les départements », reconnaissant avoir « un petit peu de mal à avoir de la visibilité » sur l'ampleur exacte du mouvement.
Paris, la Gironde, l'Aude et les Yvelines sont particulièrement cités comme des départements où la mobilisation devrait être forte dans les écoles publiques. Ces territoires « nous annoncent une forte mobilisation », a indiqué Aurélie Gagnier.
Des revendications multiples et une mobilisation en cours depuis janvier
Les enseignants se mobilisent contre plusieurs mesures gouvernementales :
- Les suppressions de postes prévues pour la rentrée prochaine
- Les fermetures de classes annoncées
- L'absence de revalorisation salariale significative
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, a rappelé que les enseignants du secondaire ne sont pas tenus de se déclarer grévistes avant le jour J, ce qui rend plus difficile l'évaluation précise de leur participation. Elle a toutefois estimé que le mouvement pourrait être « assez suivi dans certaines académies », notamment à Aix-Marseille, en région parisienne ou à Lille.
Un contexte de suppressions de postes massives
Cette journée de grève s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation qui dure depuis le début de l'année. 4 000 suppressions de postes d'enseignants sont attendues pour la rentrée prochaine, dont 1 891 dans le premier degré public et 1 365 dans le second degré. Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, avait justifié ces mesures en janvier dernier par une « chute démographique vertigineuse ».
Les syndicats contestent cette justification. Morgane Verviers, secrétaire générale de l'Unsa-Education, a fustigé cette approche : « Cette baisse démographique est utilisée comme une forme d'alibi pour une réflexion assez mécanique, alors qu'elle devrait être une opportunité pour nous donner de l'air. »
Une semaine d'actions syndicales
La FSU, l'Unsa, la CFDT, la CGT et SUD ont appelé à une semaine d'actions à partir du lundi 30 mars, avec cette journée nationale de grève comme point d'orgue. Selon les syndicats, ces mobilisations visent à amplifier la contestation contre des choix budgétaires « court-termistes » qui aggraveraient la dégradation d'un service public d'éducation déjà « exsangue ».
Sophie Vénétitay a souligné l'intensité du mouvement : « Il ne s'est pas passé une seule semaine depuis le mois de janvier sans qu'il n'y ait de mobilisation, soit à l'échelle d'un établissement, d'un département ou d'une académie. »
Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT-Education, a également déploré la situation : « On compte beaucoup sur la bonne volonté [des personnels] pour que le système fonctionne et aucune mesure salariale ne vient le reconnaître et cela pèse sur le moral des personnels. »
Cette journée de grève du 31 mars s'annonce donc comme un moment important dans la mobilisation des enseignants, avec des disparités territoriales marquées mais une détermination syndicale affirmée face aux réformes en cours dans l'Éducation nationale.



