Les groupes de besoin en français et mathématiques deviennent facultatifs
Ils n'auront pas fait long feu. Les groupes de besoin en français et en mathématiques au collège, créés en 2024, deviendront facultatifs à partir de la rentrée de septembre 2026. Cette mesure, annoncée par le ministère de l'Éducation nationale, marque un revirement significatif dans la politique éducative.
La fin d'une obligation controversée
Mesure phare du « choc des savoirs » porté par l'ancien ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, ces groupes imposaient depuis la rentrée 2024 que l'ensemble des cours de français et de mathématiques en 6e et en 5e soient organisés en fonction du niveau et des besoins identifiés des élèves. Le nouveau décret, applicable à compter du 5 juillet, met fin à cette obligation. Il prévoit désormais que « cet accompagnement pédagogique renforcé […] peut donner lieu à des organisations pédagogiques diversifiées […] en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs ».
« Il ne s'agit pas de les faire disparaître. Là où ça marche, on les maintient ; là où ça ne marche pas, on fait autrement », avait annoncé l'actuel ministre de l'Éducation Édouard Geffray début janvier dans un entretien à Ouest-France. « Dans ce second cas, je préfère laisser aux collèges la faculté de mettre en place d'autres approches pédagogiques, plus adaptées à leur réalité scolaire. »
Un dispositif peu appliqué et critiqué
Appliqués dans moins d'un collège sur cinq, ces groupes de besoin ont rencontré de nombreuses résistances sur le terrain. Annoncé en décembre 2023 par Gabriel Attal et initialement baptisés « groupes de niveau », le dispositif avait été vivement critiqué par une bonne partie du monde éducatif. Le ministère avait préconisé en juin dernier plus de souplesse pour la poursuite de cette mesure, après un premier bilan indiquant qu'elle n'apparaissait pas « unanimement convaincante ».
Ces groupes de besoin avaient été institués par un arrêté du 15 mars 2024, mais des recours avaient été déposés devant le Conseil d'État par des syndicats. Leur création avait finalement été entérinée en avril 2025 par un décret signé par le Premier ministre. À la rentrée 2025, moins d'un collège sur cinq appliquait « strictement » la mesure, selon une enquête du Snes-FSU, premier syndicat du second degré, publiée en novembre.
Une évolution vers plus de flexibilité
La décision de rendre ces groupes facultatifs s'inscrit dans une volonté de donner plus d'autonomie aux établissements scolaires. Les collèges pourront désormais choisir les modalités d'organisation pédagogique qui correspondent le mieux à leurs spécificités et aux besoins réels de leurs élèves. Cette approche plus souple devrait permettre de mieux adapter l'enseignement aux réalités locales et aux profils diversifiés des collégiens.
Le ministère de l'Éducation nationale souligne que cette évolution ne signifie pas l'abandon total du principe d'accompagnement personnalisé, mais plutôt son adaptation pour une meilleure efficacité pédagogique. Les enseignants pourront continuer à mettre en place des dispositifs de soutien et de renforcement, mais sous des formes plus variées et moins contraignantes que les groupes de besoin initialement prévus.



