Gard : les syndicats enseignants en alerte sur le manque de moyens à la rentrée
Dans le premier comme dans le second degré, les syndicats enseignants du Gard abordent cette rentrée scolaire avec une vigilance accrue, face à des moyens jugés insuffisants et des inquiétudes persistantes. Alors que l'actualité politique et sociale nationale fait écho à ces préoccupations, la situation locale révèle des tensions concrètes dans les établissements gardois.
Des heures non pourvues et des effectifs surchargés dans le secondaire
Pour le SNES-FSU, le mot d'ordre est clair : vigilance. Jérôme Amicel, secrétaire départemental du syndicat, souligne des heures non pourvues dans plusieurs lycées du Gard, un phénomène qui inquiète par rapport à l'année précédente. Il cite des exemples précis :
- 14 heures d'espagnol manquantes au lycée Feuchères
- 18 heures de SVT au Mont Duplan
- 18 heures en lettres modernes et 15 heures en histoire-géographie au lycée de Villeneuve-lès-Avignon
Normalement, le rectorat parvient à combler ces lacunes rapidement, mais cette année, des signaux alarmants apparaissent, comme un congé longue maladie non remplacé. Jérôme Amicel rappelle que durant l'année scolaire 2024-2025, des manques de professeurs avaient déjà provoqué des mouvements de grogne parmi les parents d'élèves.
Au-delà des absences, les effectifs surchargés posent problème. Dans certains lycées, les classes atteignent facilement 36 élèves, une situation jugée inacceptable en termes de confort pédagogique et de conditions d'apprentissage.
Le premier degré dans l'attente de décisions cruciales
Dans le premier degré, une réunion décisive est prévue ce mardi 2 septembre entre le Directeur départemental des services de l'éducation nationale et les syndicats. Cette rencontre fera suite au comptage des élèves dans près de trente classes gardoises et déterminera des fermetures ou ouvertures de classes.
Nadège Biot, secrétaire de la section SE-UNSA du Gard, explique : "Nous serons là pour défendre des dossiers afin d'obtenir l'amélioration des conditions de travail des collègues et des enfants." Cependant, elle souligne un dilemme majeur : le Dasen manque de moyens, donc toute ouverture de classe se ferait au détriment d'une autre école, ce qui désorganise les équipes en cette période de rentrée.
Incertitudes politiques et besoins en accompagnement
L'incertitude politique nationale ajoute à l'inquiétude. Avec la probable démission du gouvernement Bayrou prévue le 8 septembre, Nadège Biot craint que des annonces faites ne soient pas appliquées en l'absence de gouvernement stable. "Il faut que ce soit voté avant le 30 septembre. Il y a une très grande incertitude", confie-t-elle.
Pour l'école inclusive, des moyens supplémentaires sont réclamés, notamment en accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Bien que l'ouverture d'ULIS dans le Gard soit notée, les besoins restent pressants.
Une rentrée perturbée au collège Les Fontaines de Bouillargues
Le SNES-FSU a relayé l'inquiétude des personnels du collège Les Fontaines de Bouillargues, où la rentrée se déroule sans chef d'établissement, et ce dernier n'est pas remplacé. Cette situation, qui s'était déjà produite avant les vacances d'été, place les enseignants et le personnel en situation de stress.
Avec près de 800 élèves, les conséquences sont tangibles : emplois du temps inachevés, absence d'ordinateur pour certains paiements. Le rectorat a été alerté par courrier la dernière semaine d'août, mais les personnels confient : "Nous n'avons pas eu de réponse."
En somme, la rentrée dans le Gard est marquée par une double vigilance : celle des moyens alloués à l'éducation et celle des conditions de travail, dans un contexte politique incertain qui pourrait encore compliquer la situation.



