Monaco : un escape game immersif pour sensibiliser les lycéens aux risques des soirées
Du 23 au 27 mars 2026, à l'espace Léo-Ferré de Monaco, tous les élèves de Seconde de la Principauté participent à un escape game immersif centré sur un accident survenu après une soirée alcoolisée. Cette initiative ludique vise à transmettre des messages de prévention face aux comportements à risques, en plongeant les jeunes dans une simulation réaliste.
Une enquête immersive autour d'un drame
Les élèves sont immergés dans une enquête dont le point de départ est brutal : Thomas, un personnage fictif, devient tétraplégique suite à un accident de scooter. En une heure, regroupés par petites équipes, les lycéens doivent reconstituer les événements d'une soirée qui a mal tourné, en parcourant des décors comme un commissariat, un appartement d'étudiant, une boîte de nuit et la scène d'accident. Dans ce scénario, un ami de Thomas a soufflé dans l'éthylotest à sa place, lui permettant de prendre la route après avoir consommé de l'alcool et du cannabis, avec des conséquences dramatiques.
Conçu par l'association niçoise G-Addiction Jeunesse citoyenne, cet escape game a été présenté pour la première fois en Principauté début 2025. Il a été développé en collaboration avec la Direction de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, ainsi que les associations Fight Aids Monaco, Be Safe Monaco et la Croix-Rouge monégasque. Quentin Matton, directeur de l'association organisatrice, explique : « Les prises de risques peuvent être multiples : alcool, stupéfiants, gaz proto, vitesse, fatigue… Tous les jeunes ne consomment pas, mais tous doivent recevoir les messages de prévention. » Il défend une pédagogie par le jeu, loin des approches moralisatrices.
Des outils concrets pour une prévention ancrée dans le réel
Au cours du parcours, les élèves découvrent une panoplie d'outils essentiels pour sortir et rentrer en sécurité :
- Des éthylotests pour vérifier son taux d'alcoolémie.
- Des capuchons de verre pour protéger les boissons en boîte de nuit.
- Une boîte à clés pour empêcher un conducteur alcoolisé de reprendre le volant.
Quentin Matton insiste sur l'accessibilité de ces outils : « Ce sont des petits objets qui ne coûtent presque rien, qu'on peut même trouver en supermarché, et qui, ici, sont offerts par les associations. L'idée, c'est aussi d'apprendre à veiller sur ses proches. » Il souligne également l'importance de désigner un « Sam », une personne qui s'abstient de consommer alcool, stupéfiants ou médicaments avant la soirée.
L'escape game a été adapté pour intégrer les nouvelles consommations préoccupantes, comme le protoxyde d'azote. Quentin Matton alerte : « On appelle ça le gaz hilarant mais il n'a rien d'hilarant du tout », en raison de ses effets similaires à ceux des stupéfiants. Une statistique marquante est mise en avant : mélanger alcool et stupéfiants multiplie par 29 le risque d'accident. « Dix secondes de black-out sur l'autoroute en sortant de la Principauté, ça suffit pour faire des ravages », conclut-il.
Un format pédagogique apprécié par les jeunes et les éducateurs
Jean-Philippe Vinci, directeur de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, voit dans ce format immersif un complément aux actions de prévention classiques menées en classe. « On fait déjà de la prévention “classique”, mais l'escape game apporte autre chose, on s'identifie à une histoire et les messages passent sans être moralisateurs », explique-t-il. Il note que les problématiques évoluent constamment : « Il y a encore quelques années, on ne parlait que d'alcool au volant. Aujourd'hui, on doit évoquer les stupéfiants et les gaz proto qui se sont introduits de manière plus fréquente. »
Le choix de cibler tous les élèves de Seconde est stratégique. Jean-Philippe Vinci développe : « À cet âge, on commence les soirées entre amis, certains ont un scooter. On voit alors apparaître les premières expositions aux comportements à risque. » Sur le terrain, les lycéens semblent adhérer à cette approche. Gauthier, un élève de Seconde, témoigne : « J'ai eu l'impression d'être dans une vraie soirée, avec des décors bien reconstitués. » Son camarade Quentin ajoute : « Malgré le stress du chronomètre, les formateurs arrivent à expliquer la réalité de ces situations. » Il retient surtout l'importance de faire attention avant de prendre la route.
L'élaboration de cet outil a bénéficié de l'aide d'autres jeunes qui ont testé le jeu et fourni des retours pour le rendre plus réaliste et proche des codes des élèves de Seconde en 2026. Cette collaboration assure une pertinence accrue et une meilleure réception des messages de prévention.



