Scolarisation des enfants ukrainiens réfugiés : une intégration par l'immersion linguistique
Enfants ukrainiens : la scolarisation facilite l'intégration

Scolarisation des enfants ukrainiens réfugiés : une priorité éducative

Dans la région Occitanie, l'académie de Montpellier fait face à un afflux exceptionnel d'enfants ukrainiens fuyant le conflit dans leur pays. Plus de 420 jeunes âgés de 3 à 18 ans ont déjà été accueillis, dont 200 sont désormais officiellement inscrits dans des établissements scolaires. Ce phénomène s'ajoute au flux habituel d'élèves allophones, qui représente en moyenne 3500 enfants par an au sein de l'académie.

Un droit à l'éducation garanti par la loi

Frédéric Miquel, inspecteur pédagogique régional et responsable du centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés, souligne que l'accès à l'école constitue un droit fondamental pour ces enfants. "C'est la loi qui le dit", rappelle-t-il, précisant que chaque situation fait l'objet d'une évaluation individualisée.

La procédure d'intégration commence systématiquement par une évaluation du niveau scolaire de l'enfant. Des tests sont réalisés dans la langue d'origine, notamment en mathématiques et en compréhension de l'écrit, avec le soutien indispensable d'interprètes professionnels.

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Des dispositifs pédagogiques adaptés

Plusieurs options s'offrent ensuite pour accompagner ces élèves dans leur parcours scolaire :

  • L'intégration dans des unités pédagogiques spécialisées pour élèves allophones, où les niveaux sont mélangés de la sixième à la troisième, avec un apprentissage intensif du français
  • L'inclusion en classe ordinaire, complétée si nécessaire par dix heures hebdomadaires de soutien linguistique dans l'une des 240 structures d'accompagnement de l'académie
  • Un suivi personnalisé assuré par des professeurs spécialisés, formés aux didactiques adaptées aux élèves allophones

Frédéric Miquel insiste sur l'importance de cette immersion scolaire : "L'enfant ne va évidemment pas comprendre tout ce qui se passe dans la classe mais il va acquérir d'autres connaissances comme les codes scolaires, la socialisation et l'immersion dans notre langage. C'est donc très important pour son intégration."

Respecter les projets familiaux

L'académie accorde une attention particulière aux souhaits des familles, dont les situations varient considérablement. Certaines envisagent de s'installer durablement dans la région, tandis que d'autres projettent de rejoindre des diasporas ukrainiennes en Espagne ou en Italie. D'autres encore souhaitent retourner rapidement en Ukraine dès que les conditions le permettront.

Pour les familles optant pour l'enseignement à distance via le programme ukrainien, l'académie apporte un soutien matériel sous forme de tablettes ou d'ordinateurs. "On s'adapte, nous sommes obligés de faire de la dentelle", confie Frédéric Miquel, illustrant ainsi la souplesse nécessaire dans l'accompagnement de ces situations complexes.

Anticiper les besoins futurs

Face à la possibilité d'une augmentation des arrivées dans les semaines à venir, l'académie de Montpellier, sous la direction de la rectrice Sophie Béjean, travaille en coordination avec les DASEN et le ministère de l'Éducation nationale pour anticiper les besoins en termes d'effectifs. Des renforts pédagogiques sont déjà envisagés, leur déploiement dépendant de la répartition géographique des enfants à scolariser sur le territoire.

Cette mobilisation éducative témoigne de l'engagement de l'institution scolaire française pour garantir à chaque enfant, quelle que soit son origine, un accès effectif au droit à l'éducation et aux conditions nécessaires à son épanouissement et à son intégration sociale.

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