Depuis plusieurs mois, les parents de Rayan, un garçon autiste de 9 ans, dénoncent son exclusion d’un centre de loisirs d’Éragny, dans le Val-d’Oise. La famille a saisi le Défenseur des droits.
Un enfant exclu après avoir déclenché l’alarme incendie
Comme le raconte Le Parisien, la mère de l’enfant a tout découvert lorsqu’elle a déposé son fils au centre un mercredi matin. Le responsable lui explique alors que la structure n’est « pas adaptée » à l’enfant, « qui aurait besoin d’un accompagnement spécifique » que le centre ne peut assurer « malgré toute la bonne volonté ». Depuis cette exclusion, la famille doit trouver seule des solutions de garde.
« Est-ce que c’est une raison pour l’exclure définitivement ? », interroge le père de Rayan, Abdelkader, qui décrit un enfant « certes turbulent, mais absolument pas violent ! ». Le garçon, scolarisé dans une unité spécialisée pour enfants autistes à Vauréal, souffre également d’un trouble de l’attention avec hyperactivité reconnu par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Selon un courrier consulté par Le Parisien, le centre de loisirs évoque plusieurs semaines compliquées malgré le recrutement d’un animateur spécialisé. L’enfant aurait déclenché « une dizaine de fois » les alarmes intrusion et incendie du site, entraînant des évacuations et l’intervention de la police.
Le Défenseur des droits saisi
La famille de Rayan a saisi le Défenseur des droits. Dans une décision rendue en 2019 dans le cas d’un garçon hyperactif exclu de la cantine de son école et des activités périscolaires, l’institution rappelait que « le refus d’accueillir l’enfant est constitutif d’une discrimination » et que les collectivités doivent rechercher des « aménagements raisonnables » avant toute exclusion.
La mairie d’Éragny assure de son côté ne pas avoir été informée du handicap de l’enfant lors de son inscription. Elle évoque également des impayés de la famille : « Conformément à notre règlement intérieur, cela entraîne une éviction automatique du centre de loisirs ». Une justification contestée par le père, qui dénonce un « pseudo-prétexte ».
Les parents sont sidérés par la décision de la mairie : un écolier souffrant de TDAH exclu de la cantine sans « aucun préavis ».



