Éducation à la vie affective : les associations dénoncent des disparités territoriales persistantes
Éducation à la vie affective : disparités territoriales persistantes

Éducation à la vie affective : les associations dénoncent des disparités territoriales persistantes

Trois associations majeures – Sidaction, le Planning familial et SOS Homophobie – ont exprimé jeudi leur profonde inquiétude face aux disparités territoriales qui persistent dans l'accès à l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Elles pointent du doigt des moyens financiers et humains jugés insuffisants pour assurer une mise en œuvre effective et équitable sur l'ensemble du territoire national.

Un programme existant mais une application inégale

Obligatoire depuis 2001, l'éducation à la vie affective et à la sexualité, qui prévoit « au moins trois séances annuelles » dans tous les établissements scolaires, est considérée par ses défenseurs comme un outil crucial dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Un nouveau programme Evars est entré en vigueur en septembre 2025, malgré les contestations d'une partie de la droite et des milieux conservateurs.

« Ce qu'on peut constater, c'est que l'existence du programme ne garantit pas sa mise en œuvre », a déclaré Florence Thune, directrice générale du Sidaction, devant la commission d'enquête du Sénat sur le financement des politiques publiques. « On a eu une alerte dès octobre 2025 du Conseil national du sida qui mettait en avant une application inégale selon les établissements et selon les académies », a-t-elle ajouté.

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Des moyens jugés insuffisants

Les associations soulignent que les moyens humains et financiers alloués ne sont pas à la hauteur des besoins et ne permettent pas d'assurer une mise en œuvre homogène. « Les choses avancent mais on ne nous donne pas les moyens pour la mise en place de ces interventions », a déploré Sarah Durocher, présidente du Planning familial.

Julia Torlet, porte-parole de SOS Homophobie, a abondé dans ce sens, évoquant une « grande disparité » entre les territoires. Elle a plaidé pour la mise en place d'une coordination afin de structurer une gouvernance capable d'assurer une homogénéité dans les actions menées, garantissant ainsi que tous les établissements puissent bénéficier du même accès.

Un bilan ministériel contrasté

En janvier, le ministre de l'Éducation Edouard Geffray avait fourni un premier bilan concernant l'application de l'Evars. Selon ce bilan, au 31 décembre 2025, 66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens avaient bénéficié d'au moins une séance. Ces chiffres, bien que significatifs, masquent les profondes inégalités territoriales dénoncées par les associations.

Une condamnation symbolique de l'État

L'État, poursuivi par ces trois associations, a été condamné en décembre 2025 à un euro symbolique pour avoir tardé, jusqu'en février 2025, à organiser les séances d'information et d'éducation à la sexualité à l'école. Le ministère de l'Éducation s'était défendu en invoquant « la sensibilité du sujet et les controverses » qu'il suscitait. Cependant, la justice a rejeté cet argument, estimant que ces « obstacles allégués » n'étaient pas de nature à exonérer l'État de sa responsabilité.

Les associations continuent donc de militer pour une véritable égalité d'accès à l'éducation à la vie affective et sexuelle, considérant qu'il s'agit d'un enjeu fondamental de santé publique et de lutte contre les discriminations.

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