Dans une tribune au Monde, Mathias Bernard, président de l'université Clermont-Auvergne, s'exprime sur la politique des droits d'inscription différenciés. Il estime que cette mesure marque une rupture fondamentale avec la conception universaliste de l'université publique française.
Une rupture avec le modèle universaliste
Selon Mathias Bernard, l'université publique française a toujours reposé sur un principe d'égalité d'accès pour tous les étudiants, quel que soit leur origine sociale ou leur nationalité. L'introduction de droits d'inscription différenciés, notamment pour les étudiants étrangers extracommunautaires, remet en cause ce principe fondateur.
Les conséquences de cette politique
Cette différenciation tarifaire pourrait avoir plusieurs effets pervers. D'une part, elle risque de décourager les étudiants étrangers les plus modestes, qui constituent pourtant une richesse pour nos universités. D'autre part, elle pourrait créer une hiérarchie entre les disciplines, les filières les plus demandées augmentant davantage leurs tarifs.
Le président d'université souligne également que cette mesure s'inscrit dans un mouvement plus large de marchandisation de l'enseignement supérieur, où l'université serait vue comme un service payant plutôt que comme un bien commun.
Un débat nécessaire
Mathias Bernard appelle à un débat national sur le financement de l'université et sur les valeurs qui doivent la guider. Il rappelle que l'université publique a pour mission de former les citoyens de demain et de contribuer à la cohésion sociale, ce qui nécessite une réflexion collective sur les moyens d'y parvenir sans sacrifier l'égalité d'accès.
En conclusion, il insiste sur la nécessité de préserver le modèle universaliste français tout en trouvant des solutions innovantes pour financer l'enseignement supérieur. La question des droits d'inscription différenciés ne doit pas être traitée comme une simple mesure budgétaire, mais comme un choix de société fondamental.



