Crise dans les écoles vétérinaires : suicides, détresse étudiante et plans d'action
Crise dans les écoles vétérinaires : suicides et détresse étudiante

Une vague de suicides secoue les écoles vétérinaires françaises

Les écoles nationales vétérinaires traversent une crise sans précédent. Depuis septembre 2025, quatre jeunes femmes ont mis fin à leurs jours, révélant une détresse psychologique profonde au sein de ces institutions prestigieuses. Les directions tentent désormais de renforcer leurs plans d'action face à ce mal-être grandissant, mais le silence institutionnel persiste.

Des tragédies successives dans l'indifférence

Le lundi 12 janvier, l'amphithéâtre Fragonard de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA) était comble pour une cérémonie particulièrement douloureuse. Clara, une jeune femme de 24 ans, a reçu à titre posthume son titre de docteur vétérinaire. Elle s'était suicidée le 1er septembre 2025, quelques jours seulement après avoir commencé son internat à l'hôpital vétérinaire de l'ENVA où elle avait étudié.

Cette institution, qui célèbre ses 260 ans en 2026 et accueille plus de 900 étudiants annuellement, a été frappée par plusieurs drames successifs :

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  • Le 14 novembre 2025, une jeune praticienne hospitalière diplômée en 2018 s'est donné la mort
  • Le 31 décembre, une étudiante de 6e année a mis fin à ses jours
  • Le 5 janvier, une élève venant d'achever sa 6e année à VetAgro Sup (Métropole de Lyon) s'est également suicidée

Une enquête scientifique révélatrice

Ces tragédies ne se limitent pas à l'ENVA. Les quatre écoles nationales vétérinaires françaises – ENVA, VetAgro Sup, Oniris VetAgroBio à Nantes et l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse – sont toutes concernées par cette vague de détresse étudiante.

Pour la première fois, l'état psychologique des étudiants vétérinaires a fait l'objet d'une enquête scientifique menée au premier semestre 2024. Sous la direction de Didier Truchot, professeur émérite en psychologie sociale à l'université de Franche-Comté, cette étude a impliqué près de 1 600 étudiants, représentant presque la moitié des effectifs totaux.

Les causes multifactorielles d'une crise profonde

Si les causes d'un suicide restent toujours complexes et multifactorielles, cette série de drames a provoqué un émoi considérable parmi la communauté étudiante vétérinaire. L'enquête de Didier Truchot met en lumière plusieurs facteurs aggravants :

  • Une surcharge de travail particulièrement intense dans ces formations exigeantes
  • Une culture du silence et une certaine omerta institutionnelle
  • Des conditions d'études pouvant générer un isolement psychologique
  • Une pression académique constante tout au long du cursus

Les directions des écoles tentent maintenant de mettre en place des dispositifs de prévention et d'accompagnement psychologique renforcés. Cependant, le chemin semble encore long pour briser le tabou autour de la santé mentale dans ces institutions d'excellence.

Cette crise soulève des questions fondamentales sur les conditions d'études dans l'enseignement supérieur français, particulièrement dans les filières les plus sélectives et exigeantes. La communauté vétérinaire française se trouve aujourd'hui à un tournant, contrainte de repenser son approche du bien-être étudiant face à l'urgence de la situation.

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