Un concours d'éloquence qui met en lumière le talent des jeunes
Manier l'éloquence avec justesse demeure, aujourd'hui encore, une compétence précieuse dans notre société. Savoir s'exprimer avec aisance constitue un atout majeur dans de nombreux domaines professionnels comme le droit, le journalisme, la vente ou le management. Depuis trois années consécutives, les établissements scolaires du lycée Langevin et du lycée Beaussier, situés à La Seyne-sur-Mer, organisent un concours d'éloquence destiné à leurs élèves de première. Cette édition a été marquée par la participation inédite du lycée Bonaparte de Toulon, élargissant ainsi le champ des compétiteurs.
Une finale spectaculaire au casino Joa
Après des phases de sélection rigoureuses menées au sein de chaque établissement, et grâce au soutien indéfectible de la municipalité seynoise, la grande finale s'est déroulée dans la prestigieuse salle de spectacle du casino Joa. Seize élèves sélectionnés se sont affrontés sur scène, devant une salle comble composée d'élèves, de familles et de professeurs attentifs. Stéphanie Zouatim, professeur documentaliste au lycée Langevin, détaille le processus : « Au départ, nous comptons 220 élèves participants répartis sur les trois établissements. Dix-huit d'entre eux sont finalement sélectionnés pour la grande finale, avec neuf sujets imposés déterminés par tirage au sort. Chaque sujet se présente sous la forme d'une question fermée nécessitant une réponse par "Oui" ou "Non". »
Parmi les thèmes abordés cette année, on retrouvait des questions provocantes telles que : « L'empathie est-elle un défaut ? », « La différence est-elle une force ? », « L'intelligence artificielle représente-t-elle un progrès ? » ou encore « Toutes les femmes doivent-elles être féminines ? / Tous les hommes doivent-ils être virils ? ». Deux élèves par classe étaient retenus pour s'affronter lors de joutes oratoires d'une durée maximale de cinq minutes.
Un jury d'exception pour départager les talents
Le jury, composé de personnalités reconnues, avait la difficile mission d'évaluer les performances :
- Caroline Malaga, avocate aux barreaux de Toulon
- Stéphanie Banon, responsable de la librairie Charlemagne
- Ninon Viret, de la bibliothèque de théâtre Armand Gatti
- Lise Kubli, représentante de la ville de La Seyne
Leurs critères d'évaluation reposaient sur la qualité de l'écriture, l'audace des propos et la maîtrise de la diction. La tâche s'est avérée particulièrement ardue face à l'implication remarquable de tous les élèves participants.
Les lauréats partagent leur expérience
Louka Sanchez, doublement primé, revient sur son parcours : « C'est une expérience extrêmement enrichissante, même si après le tirage au sort de mon sujet, je me suis senti quelque peu déstabilisé. Mon sujet était "Pour un flirt avec toi, faut-il faire n'importe quoi ?" dans sa version "Non". J'ai alors entrepris une réflexion profonde sur mes propres expériences et j'ai longuement échangé avec ma sœur, qui est actrice et productrice. Ces discussions m'ont permis de développer une argumentation nuancée. »
Il ajoute : « J'ai également pu démontrer à ma sœur que je possédais moi aussi certains talents oratoires, ce qui est très gratifiant. Mes parents m'ont toujours enseigné l'importance de se mettre à la place d'autrui et de captiver son auditoire. À l'avenir, j'aspire à devenir chef de projet en entreprise ou manageur. » Louka Sanchez, élève du lycée Langevin, a remporté à la fois le prix du public et le prix de l'audace.
Les autres lauréats sont Julia Farrugia (lycée Langevin), qui a obtenu le prix d'écriture, et Clara-Rose Haentjens (lycée Beaussier), récompensée par le prix du jury. Cette manifestation démontre brillamment comment l'art oratoire peut servir de levier d'émancipation et d'élévation pour la jeunesse, tout en renforçant la confiance en soi et les compétences communicationnelles essentielles pour leur avenir.



