Carte scolaire dans le Gard : les enseignants inquiets face aux fermetures de classes
Carte scolaire du Gard : les enseignants inquiets avant la rentrée

Carte scolaire dans le Gard : une rentrée sous tension pour les enseignants

Les enseignants des établissements publics du Gard sont en proie à une vive inquiétude à l'approche de la prochaine rentrée scolaire. Les syndicats, qui avaient déjà manifesté en mars devant les locaux académiques, redoutent les annonces du Directeur des services départementaux de l'éducation nationale, prévues pour le jeudi 9 avril lors du CSA départemental. Cette future carte scolaire, qui déterminera les ouvertures et fermetures de classes, ne fait pas l'unanimité parmi les organisations syndicales.

Des fermetures de classes massives dans les collèges

Dans les collèges publics du Gard, pas moins de dix-sept divisions, c'est-à-dire des classes, devraient être supprimées à la rentrée prochaine. Cette mesure touchera de nombreuses communes, notamment Nîmes, Gallargues-le-Montueux, Vauvert, Alès, La Grand-Combe, Bagnols-sur-Cèze, Clarensac, Sommières, Aigues-Mortes, Rochefort-sur-Gard, Uzès, Bellegarde, Roquemaure, Saint-Gilles, Pont Saint-Esprit et Vergèze. En parallèle, quelques créations de postes sont prévues à Quissac, Saint-Geniès-de-Malgoires et à Gallargues, mais ces ouvertures restent insuffisantes aux yeux des syndicats.

Ces derniers avaient récemment évité la suppression de certains postes, notamment avec le maintien des lettres modernes à Condorcet (Nîmes), à Saint-Gilles et à Aigues-Mortes, ainsi que des lettres classiques aux Oliviers (Nîmes). Une création de poste d'éducation physique et sportive à Saint-Geniès-de-Malgoires avait également été obtenue. Cependant, lors du précédent conseil, les syndicats ont catégoriquement rejeté les annonces du Dasen, estimant que les mesures proposées ne répondent pas aux besoins éducatifs.

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Une baisse démographique contestée

Les suppressions de postes ont été justifiées par une déprise démographique dans le département. L'Unsa éducation, l'un des syndicats ayant rejeté les annonces du Dasen, critique cette approche. Selon l'organisation, "La baisse du nombre d'élèves pourrait être l'occasion de stabiliser, voire d'améliorer, les conditions d'enseignement, fortement dégradées ces dernières années. Elle se traduit au contraire par une réduction continue des postes et des marges de fonctionnement des établissements."

L'administration affirme avoir cherché à préserver certaines priorités, telles que des classes autour de 26 élèves, le maintien de certaines divisions, les dédoublements en 6e et 5e, ainsi que quelques groupes supplémentaires. Pourtant, les syndicats s'interrogent : pourquoi le Gard a-t-il connu une baisse des moyens éducatifs au cours des dix dernières années, alors que les effectifs augmentaient ? L'anticipation d'une déprise démographique n'a-t-elle pas été exagérée ? Lors d'un précédent conseil, le Dasen du Gard avait pourtant considéré que la répartition constituait "un équilibre tenable".

Des disciplines fragilisées par les ajustements successifs

Pour les syndicats, les pertes de postes répétées d'une année à l'autre ont des conséquences palpables, fragilisant certaines disciplines. L'Unsa éducation souligne que "c'est particulièrement visible pour l'allemand. À force d'ajustements successifs, l'offre linguistique se réduit dans certains collèges et les enseignants doivent partager leur service sur toujours plus d'établissements." La technologie connaît également une situation préoccupante, avec 11 postes restant vacants dans le Gard.

Le 9 avril, la carte scolaire pour le premier degré sera également rendue publique, avec une liste de plusieurs dizaines de fermetures et d'ouvertures de postes. Il est fort probable que les syndicats la rejettent à nouveau, ce qui entraînerait un second conseil une semaine plus tard. D'autant plus que le nombre de classes fermées devrait être conséquent, la dynamique démographique n'étant plus d'actualité avec une prévision de moins 1 200 élèves.

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Une mobilisation syndicale renforcée

Face à ces annonces, les syndicats se mobilisent. Ce mardi 31 mars, une grève nationale mobilisera les syndicats du premier et du second degré pour dénoncer la suppression du nombre d'enseignants à la rentrée. La FSU, UNSA éducation, CFDT éducation, CGT et Sud appellent à la grève dans l'Éducation nationale pour dénoncer les choix budgétaires du gouvernement, qui entraînent "des suppressions d'emplois et le blocage de toute revalorisation salariale".

Des rassemblements auront lieu à 12 h 30 à Nîmes (Maison Carrée) et à Alès (sous-préfecture), marquant une opposition ferme aux décisions annoncées. Les enseignants du Gard, déjà éprouvés par des années de réductions de moyens, restent déterminés à défendre la qualité de l'enseignement public dans leur département.