Carte scolaire bloquée à Agen : le CDEN reporté faute de quorum après un boycott
Le Comité départemental de l'Éducation nationale (CDEN) du Lot-et-Garonne n'a pas pu valider la carte scolaire ce vendredi, faute de quorum. Deux syndicats avaient appelé au boycott de cette réunion cruciale, et leur appel a été largement entendu par les élus locaux. Une nouvelle réunion est désormais programmée le 20 avril prochain pour tenter de débloquer la situation.
Une mobilisation massive devant la préfecture
« Je veux pouvoir étudier dans de bonnes conditions. » Ces mots, inscrits sur une pancarte brandie fièrement par le jeune Charlie, résument l'état d'esprit des manifestants rassemblés devant la préfecture d'Agen. Ce vendredi, enseignants et parents d'élèves de l'école Bara se sont mobilisés en masse, coïncidant avec la tenue initialement prévue du CDEN qui devait arrêter la carte scolaire.
La réunion a été boycottée par les parents et deux syndicats sur trois, un mouvement suivi par les élus représentant le personnel. La majorité départementale a affirmé avec force que « l'école n'est pas une variable d'ajustement ». Dans un contexte où les résultats scolaires de la France demeurent préoccupants, elle estime que chacun devrait s'accorder sur une priorité absolue : renforcer les conditions d'apprentissage plutôt que de les affaiblir.
Un événement inédit depuis 2012
« C'est inédit depuis 2012, le quorum n'a pas été atteint, donc une nouvelle réunion en préfecture aura lieu le 20 avril », se félicitent les syndicats SNUipp, FSU et CGT, ainsi que les nombreux parents d'élèves présents. Ce report laisse un temps précieux, non seulement pour poursuivre la mobilisation, mais aussi pour revoir en profondeur le projet de carte scolaire, espèrent-ils.
Du côté de l'école Bara à Agen, l'espoir renaît. Jeudi soir, vers 21 heures, les parents ont appris qu'ils seraient finalement reçus ce jour-là. « Il a fallu trouver des parents disponibles en urgence », raconte David Lallau, parent d'élèves. Pari tenu, grâce à une mobilisation rapide et déterminée.
Des effectifs en baisse et une méthode contestée
Il faut bien noter que, chaque année, à Bara et Carnot qui fonctionnent comme un groupe scolaire, il y a énormément de fluctuations de population. Les effectifs à la rentrée seraient de 120 élèves, contre 138 aujourd'hui, soit une diminution de 18 élèves. Cette baisse justifierait, selon les autorités, des ajustements dans la carte scolaire.
« On dénonce également un certain mépris dans la méthode », estime Sandrine Tastayre, co-secrétaire départementale du SNUipp. « Certaines écoles ont appris la perte d'une classe par voie de presse, sans consultation préalable. » Cette approche a contribué à alimenter la colère et la mobilisation.
Des fermetures de classes et des postes en jeu
Dans les prévisions initiales, 13 classes sont appelées à fermer, pour seulement deux ouvertures. À noter également 7,5 ouvertures de postes de coordination pour l'école inclusive. Au total, la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) devait rendre 11,5 postes, un chiffre qui suscite l'inquiétude des acteurs de l'éducation.
Dès maintenant, parents et enseignants appellent à venir manifester devant la préfecture le lundi 20 avril à partir de midi, avec un casse-croûte pour symboliser leur détermination. Cette mobilisation continue vise à peser sur les décisions qui seront prises lors de la prochaine réunion du CDEN.



