Béziers : renaissance de l'école des Tamaris après l'incendie criminel
Un mois après la rentrée scolaire, la vie reprend progressivement ses droits à l'école des Tamaris de Béziers. Dans les salles de classe flambant neuves, l'ambiance est désormais studieuse et paisible. Rien ne laisse deviner qu'à cet emplacement même, il y a près de deux ans, un incendie criminel avait ravagé l'ancien établissement.
Une transition difficile pour l'équipe pédagogique
Le directeur Jean-François Klein, à la tête de l'école depuis huit ans, observe des différences dans la manière dont les différents acteurs ont vécu cette transition : "Les élèves sont passés à autre chose plus rapidement. Les plus marqués sont ceux qui sont au collège aujourd'hui. Nos plus grands de cette année étaient en CE2 au moment des faits, donc ils réalisaient moins", explique-t-il.
Pour l'équipe pédagogique, composée des quinze mêmes enseignants qu'en 2019, le traumatisme reste plus présent. Carine Bordera, institutrice présente depuis 1996, confie : "Ça a été compliqué pour moi. À un moment, tout le monde s'est demandé si les Tamaris étaient morts. Cette renaissance, je la vis moyennement pour l'instant. J'aurais préféré une reconstruction à l'identique."
Des souvenirs douloureux mais une équipe soudée
Jean-François Klein se remémore les vingt-deux mois difficiles entre le drame et le renouveau : "C'était inédit et très violent. Ça s'était passé pendant les vacances, on venait d'achever une période où on avait trouvé un rythme. Au début, on ne comprenait pas. On était 'sans vie'."
Malgré ces difficultés, le directeur souligne la solidité de son équipe : "J'avais la crainte que des instituteurs ne tiennent pas le coup. Mais on est une équipe très forte et attachée au quartier." Cette cohésion a permis à l'école de surmonter l'épreuve.
Les élèves s'adaptent mieux aux nouveaux locaux
Les écoliers, quant à eux, semblent avoir mieux réussi la transition vers les nouveaux bâtiments. Trois élèves de CM2 témoignent : "Elle est plus petite et mieux aménagée, on pourra y voir grandir nos frères, sœurs, cousins." Une écolière se souvient de la terrible nuit de l'incendie : "J'étais dans mon lit, ma mère était venue dans ma chambre pour me dire que l'école avait brûlé. J'étais en larmes, je pensais qu'elle n'allait pas être reconstruite."
Le trio admet cependant un regret : "Les enfants regrettent la cour de récréation dont ils disposaient avant", précise Carine Bordera. L'actuelle cour est en effet moins spacieuse, même si elle est mieux équipée en infrastructures sportives avec notamment des paniers de basket plus bas.
Un optimisme justifié pour l'avenir
Jean-François Klein se montre résolument optimiste pour l'avenir des nouveaux Tamaris : "On imaginait aussi qu'on aurait moins d'élèves. Mais on constate que les effectifs sont en hausse. Les familles ont été solidaires. Les parents sont parfois des anciens élèves, tout le monde est allé dans le même sens."
Le directeur souligne également les nombreux soutiens et dons reçus par l'établissement : "On a eu de nombreux soutiens et dons. Les habitudes sont maintenant en train d'être prises. Une école, ce n'est pas qu'une enfilade de classes, c'est aussi un lieu de vie." Un lieu de vie qui, manifestement, n'a pas fini de grandir et de se reconstruire après l'épreuve traversée.



