Bagnols-sur-Cèze : une mobilisation enseignante pour l'inclusion scolaire
Au collège Gérard Philipe de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, une situation préoccupante mobilise l'ensemble de la communauté éducative. Six élèves en situation de handicap, pourtant détenteurs d'une notification Ulis (Unités Localisées pour l'Inclusion Scolaire) délivrée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), se retrouvent intégrés dans des classes de sixième ordinaires. Cette intégration, faute de structure adaptée disponible, soulève de vives inquiétudes parmi le corps enseignant.
Un décalage pédagogique alarmant
Ces jeunes collégiens présentent un niveau scolaire estimé entre le CP et le CE2, les plaçant dans une situation de grande difficulté au sein d'un environnement conçu pour des élèves de sixième. Depuis la rentrée de septembre, ils évoluent au sein d'effectifs surchargés, comptant entre 28 et 30 élèves. Un dispositif Ulis leur aurait pourtant garanti un enseignement individualisé au sein de groupes réduits à une dizaine d'élèves, prenant pleinement en compte leurs besoins spécifiques et leur permettant de progresser à leur propre rythme.
Face à ce constat, les professeurs du collège Gérard Philipe ont décidé de sonner l'alarme. Ils ont officiellement interpellé Philippe Maheu, le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) du Gard. « Dans les Ulis, ces élèves travaillent à leur rythme », explique une professeure d'histoire-géographie. « Et là, ils risquent un décrochage scolaire. » En effet, les six collégiens concernés ne sont pas en mesure de supporter un emploi du temps standard de six heures quotidiennes sur cinq jours.
Une demande de création de classe Ulis rejetée
Une délégation d'enseignants a été reçue le mercredi 29 septembre pour plaider la cause de ces élèves. Ils ont formellement demandé la création d'une classe Ulis dans le bassin de Bagnols-sur-Cèze, spécifiquement pour accueillir ces six collégiens. Cependant, la réponse des autorités académiques a été sans appel.
Dans un communiqué, les enseignants ont rapporté les propos du Dasen : « Le Dasen a répondu qu'une création n'était pas envisageable ni cette année, ni l'année prochaine. » La charge de l'intégration de ces élèves revient donc entièrement à la communauté éducative du collège, sans qu'aucun moyen supplémentaire ne soit débloqué.
Les professeurs déplorent amèrement cette décision. Ils estiment que, malgré toute la bonne volonté du monde, « rien ne remplacera des groupes de 10 enfants et la prise en charge de leur handicap, pour les faire progresser et évoluer sans stress et à leur rythme. » Ils se déclarent dans l'incapacité d'assurer un encadrement pédagogique véritablement adapté dans les conditions actuelles et dénoncent « un abandon des autorités de l'éducation nationale » face aux difficultés rencontrées par ces élèves et à la détresse de leurs familles.
Une attente de réponse officielle
Sollicitée par la rédaction, la direction académique des services de l'Éducation nationale du Gard a indiqué qu'elle réagirait probablement au communiqué des enseignants ce samedi 9 octobre 2021. Cette réponse officielle est attendue avec impatience par toute la communauté scolaire de Bagnols-sur-Cèze, qui espère un revirement de situation pour ces six collégiens en grande difficulté.
Cette affaire met en lumière les défis persistants de l'inclusion scolaire pour les élèves en situation de handicap et interroge sur les moyens alloués par l'Éducation nationale pour répondre à ces besoins spécifiques, particulièrement en milieu ordinaire.



