Baccalauréat réformé : le contrôle continu dévalorise-t-il vraiment le diplôme ?
Bac réformé : le contrôle continu dévalorise-t-il le diplôme ?

Baccalauréat nouvelle version : les épreuves de spécialité enfin organisées

Jour d'examen historique pour 20 673 élèves de l'académie de Montpellier. Après avoir été annulées en 2020 et 2021 et remplacées par du contrôle continu en raison de la pandémie, les épreuves de spécialité du baccalauréat général et technologique se déroulent enfin ce mercredi et ce jeudi. Une première concrétisation de la réforme portée par Jean-Michel Blanquer, qui verra ainsi son œuvre aboutir peu avant la fin de son mandat ministériel.

Une organisation repensée après plusieurs reports

Initialement prévues en mars, ces épreuves écrites ont été décalées à mai en raison des conditions sanitaires. "Nous avons ainsi eu du temps pour préparer les centres d'examens", se félicite Sophie Béjean, rectrice de la grande région académique. Les lycéens passeront une épreuve de spécialité par jour, tandis que certains, selon leurs filières, devront réaliser des travaux pratiques dans les semaines à venir.

Le ministre a souhaité offrir davantage de choix aux candidats : "sur chaque matière, entre deux sujets ou deux exercices pour augmenter leurs chances de réussite", précise la rectrice. Concernant les épreuves du tronc commun, évaluées en contrôle continu (représentant 40% de la note finale), une session spécifique sera organisée en juin pour les candidats individuels et les élèves ayant connu de longues absences.

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Le contrôle continu : sécurité ou dévalorisation ?

Oscar, élève de terminale scientifique au Lycée Jean-Jaurès de Saint-Clément-de-Rivière, apprécie cette nouvelle formule : "Le contrôle continu, c'est une sécurité, surtout avec un coefficient 16 sur mes épreuves de maths et de physique." Le report des épreuves de mars à mai lui a permis d'approfondir ses révisions : "Cela nous a permis d'approfondir des choses avec les profs pendant ces deux mois de cours supplémentaires."

Mais il nuance son enthousiasme : "C'est vrai que cela dévalorise un peu le diplôme et du coup il faut presque obligatoirement viser une mention." Une perception partagée par de nombreux élèves, qui estiment devoir désormais viser l'excellence pour se distinguer.

Innovations techniques et pédagogiques

La correction des copies s'effectuera cette année entièrement sur écran. "Toutes les copies seront scannées et numérisées, ce qui évite de les sortir et de les brasser", explique Sophie Béjean. Les professeurs utiliseront des outils de correction déjà expérimentés, avec une phase d'harmonisation pour réduire les écarts de notation.

Romane, élève de première au Lycée Albert Camus de Nîmes, se montre conquise par cette nouvelle organisation : "Les passer en mars c'est pas mal car ça évite de tout devoir réviser en fin d'année. Et puis on peut choisir des épreuves pas forcément en lien avec notre filière, ce qui n'était pas le cas avant." Pour elle, ce sera maths, sciences économiques et sociales et histoire géopolitique.

Adaptations et perspectives

Pour les épreuves anticipées de français, les élèves de première bénéficient d'une liste allégée de textes, passant de 20 à 16 œuvres. Romane se sent ainsi moins sous pression pour les épreuves de juin.

Oscar, quant à lui, espère "faire de mon mieux" pour intégrer l'année prochaine un IUT de mesure physique ou en sciences et génie des matériaux. Quel que soit son format, le baccalauréat reste ce passage obligé à la croisée des destins, mêlant désormais tradition écrite et évaluation continue.

Cette session 2022 marque ainsi l'aboutissement d'une réforme profonde, où contrôle continu et épreuves terminales doivent trouver leur équilibre, entre sécurité pour les élèves et valeur symbolique du diplôme.

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