À la veille des résultats du baccalauréat, deux élèves du lycée Jean-Moulin de Béziers dénoncent une épreuve de Sciences de l'ingénieur (SI) « différente » des bacs blancs, ce qui a perturbé leur journée et semé un sentiment d'injustice.
Des consignes différentes le jour de l'examen
Yanis et Romain (prénoms d'emprunt), élèves en terminale au lycée Jean-Moulin de Béziers, attendent leurs résultats avec impatience mais aussi avec un grand sentiment d'injustice. « Je suis passé du sourire au dégoût total », confie Romain. La raison : selon eux, l'épreuve de spécialité Sciences de l'ingénieur qui s'est déroulée le 16 juin dernier ne s'est pas passée comme prévu. Ils dénoncent un examen final « différent » des entraînements réalisés pendant l'année scolaire.
L'épreuve est constituée de deux grandes parties, l'une obligatoire, et l'autre divisée en trois « sous-parties ». « Pendant les bacs blancs, il fallait choisir entre deux sous-parties sur trois à traiter. Et on nous a toujours dit de faire ça », explique Romain. C'est pendant l'épreuve que Yanis remarque que cette fois, contrairement aux sujets d'entraînement, aucune consigne n'apparaît. Il interroge l'administration pendant l'épreuve, qui lui confirme que le sujet est à réaliser entièrement. Isolé dans une salle car bénéficiaire d'un dispositif de tiers-temps, le lycéen prévient ses camarades à la sortie de l'épreuve. « Ils étaient surpris et énervés que les professeurs ne nous l'avaient pas fait remarquer auparavant », raconte-t-il.
Stress et frustration chez les candidats
Cette situation génère beaucoup de « stress » et de « frustration », fait remarquer Romain : « J'étais super content de moi. […] Je mettais beaucoup d'espoir sur ma note car je savais qu'elle pouvait me sécuriser une mention. On devait faire l'épreuve de mathématiques dans la foulée, mais ça m'a mis un coup au moral », complète-t-il. Déstabilisés par la consigne de l'examen, Romain et Yanis ont contacté leur professeur de SI. Au total, seuls deux élèves auraient réalisé les trois sous-parties en question, sans avoir eu le temps nécessaire pour conclure l'autre grande partie de l'épreuve.
La direction du lycée réfute tout incident
Côté lycée, l'administration dénonce un quiproquo et un manque d'honnêteté des élèves. « On les a prévenus que le jour du bac, il fallait réaliser toutes les sous-parties », justifie Pierre Fournier, proviseur du lycée Jean-Moulin. De son côté, Romain précise que l'un de ses camarades, lors du premier bac blanc, avait « perdu des points et avait été repris » pour avoir traité l'entièreté du sujet, et que les lycéens ont interrogé à plusieurs reprises les professeurs sur le sujet. De quoi semer la confusion au sein du groupe Sciences de l'ingénieur, chaque épreuve de spécialité ayant un coefficient de 16 dans le calcul des résultats finaux.
« Ils ont été entraînés sur les bons thèmes et sur les bons sujets. Peut-être qu'on a mal agi en leur disant, lors des examens blancs, de ne faire que deux sous-parties sur trois, pour les aider. Ils n'ont pas entendu le message de bienveillance qu'on leur a envoyé », conclut Pierre Fournier.



