Aubord en attente d'une réponse officielle pour la révision de sa carte scolaire
À Aubord, dans le Gard, une inquiétude palpable règne parmi les parents des futurs collégiens. Les inscriptions scolaires pour l'année 2022-2023 ont commencé, mais une question cruciale reste sans réponse : la modification de la carte scolaire qui déterminera l'établissement de secteur. Le maire d'Aubord et président de la communauté de communes Petite Camargue, André Brundu, a officiellement demandé au Dasen (Directeur académique des services de l'Éducation nationale) et au Département de revoir cette carte. L'objectif est clair : rattacher la commune au collège La Vallée Verte de Vauvert, situé à seulement quinze minutes, plutôt qu'au collège Feuchères de Nîmes. Malgré cette requête, aucune réponse officielle n'a été communiquée, laissant les familles dans l'incertitude.
Une situation historique devenue inadaptée
Historiquement, la carte scolaire impose aux parents d'Aubord de choisir entre le secteur public du collège Feuchères à Nîmes ou l'établissement privé d'Alzon à Vestric. Cependant, cette configuration ne tient plus compte des réalités territoriales actuelles. Depuis, de nouveaux collèges ont vu le jour à Vauvert et Vergèze, sur le territoire de la Petite Camargue, dont fait partie Aubord. André Brundu exprime sa colère devant cette situation, s'adressant haut et fort aux enseignants, au directeur de l'école primaire Silhol, ainsi qu'aux parents et représentants de l'Association des parents d'élèves (APE) Les Récrés d'Aubord. Il souligne : "Il y a un an, nous avions demandé que la carte scolaire soit modifiée et réalisé un dossier. L'Inspection académique nous a répondu que nous l'avions envoyé trop tard. Cette fois-ci nous l'avons adressé dans les temps et nous n'avons toujours pas de réponse officielle". Le maire ajoute que, oralement, le Dasen ne s'y opposerait pas et le Département serait plutôt favorable, mais l'absence de réponse écrite bloque toute avancée.
Les préoccupations des familles : fatigue, stress et insécurité
Les parents des futurs collégiens sont profondément inquiets. Le passage du CM2 au collège constitue déjà une étape délicate, et ils souhaitent qu'elle se déroule dans les meilleures conditions pour leurs enfants. Plusieurs problèmes majeurs sont soulevés :
- Des horaires épuisants : Certains évoquent des départs dès 6 heures du matin, avec trente-cinq minutes de bus, sans compter les embouteillages fréquents.
- Un environnement perçu comme insécure : La nécessité de traverser la gare de Nîmes pour se rendre au collège Feuchères génère des craintes légitimes chez les familles.
- La multiplication des dérogations : Chaque année, de nombreuses demandes de dérogation sont formulées pour intégrer d'autres collèges, mais elles ne sont pas toujours accordées, créant incertitude et frustration.
Les enfants, déjà fatigués et stressés par ces conditions, voient leur scolarité impactée. Tous attendent impatiemment un courrier officiel qui pourrait changer la donne.
Témoignages de parents : des situations concrètes et difficiles
Florian et Nelly, parents de Romance, en CM2 à l'école élémentaire Silhol d'Aubord, expliquent : "Il y a trois ans, il était inconcevable que notre fille fasse son entrée en 6e au collège Feuchères, en raison des horaires et de la traversée de la gare. Nous avons obtenu une dérogation pour Vergèze, mais depuis, nous sommes le taxi quotidien de notre fille, adaptant notre planning au sien". À la rentrée prochaine, leur fils connaîtra la même situation, les obligeant à organiser des études supplémentaires pour limiter les trajets. Ils soulignent l'illogisme de la dépendance à Feuchères alors qu'Aubord appartient à la communauté de communes de Petite Camargue.
D'autres parents, dont l'enfant de 11 ans est en CM2, expriment leur inquiétude : "Nous aimerions l'inscrire au collège de Vauvert, mais notre commune dépend de Feuchères à Nîmes. Cela implique des réveils très tôt et l'insécurité de la gare. Nous avons fait une préinscription au privé d'Alzon par dépit, mais cela a un coût et l'acceptation n'est pas certaine. Nous sommes dépités et souhaitons un changement pour le bien de leur scolarité".
Séverine, mère de quatre enfants, raconte l'expérience de sa fille Lilou : "En 5e, après une première rentrée à Feuchères, elle a pu intégrer La Vallée Verte à Vauvert grâce à un dossier médical, car l'environnement urbain lui était trop difficile. Sans cela, la dérogation aurait été refusée". Audrey, mère de trois enfants, confirme les difficultés : "Ma fille Maeva se levait à 6 heures pour trente-cinq minutes de bus, parfois quarante-cinq avec les bouchons, ce qui affectait ses notes. Aujourd'hui, à Vergèze, elle a d'excellents résultats. J'espère rapatrier mes filles à Vauvert pour plus de praticité".
Ces témoignages illustrent l'urgence d'une réponse des autorités pour permettre aux enfants d'Aubord de fréquenter le collège le plus proche, favorisant ainsi leur bien-être et leur réussite scolaire.



