Alès : l'École de la 2ème Chance retrouve ses locaux après un incendie volontaire
Huit mois après un incendie volontaire qui avait totalement ravagé ses locaux, l'École de la 2ème Chance (E2C) d'Alès a officiellement réintégré ses murs rénovés de la rue Frédéric-Mistral ce lundi 19 janvier. Un retour chargé d'émotion pour cette structure qui accompagne chaque année une cinquantaine de jeunes en difficulté.
Un traumatisme collectif
« C'était un événement très traumatisant pour toute l'équipe ainsi que pour les jeunes », confie Véronique Leclercq, directrice de l'E2C Alès. « Pour eux, ce lieu est un peu leur deuxième maison. » L'incendie, survenu dans la nuit du 20 au 21 mai dernier, avait laissé des locaux « dévastés, noirs de suie et imbibés d'eau » après l'intervention des pompiers.
La directrice se souvient avec émotion des premiers gestes posés après la catastrophe : « La première chose que l'on a essayé de faire, c'est de récupérer les dossiers des stagiaires. Je me souviens aussi qu'on a récupéré nos tasses à café. Cela peut paraître anodin, mais c'était important de récupérer ces objets qui représentent les moments de partage que l'on peut vivre ici. »
Une résilience remarquable
Malgré le choc, l'équipe a fait preuve d'une « grande adaptabilité » selon Véronique Leclercq. Dès le jour même de l'incendie, les activités ont été transférées dans les locaux du GRETA-CFA Gard-Lozère, organisme porteur de l'E2C, pour assurer la continuité de l'accompagnement.
« On a su rebondir très vite », souligne la directrice. Pendant huit mois, formateurs et stagiaires ont dû s'adapter à de nouvelles conditions de travail en open space, loin de leurs bureaux individuels et salles de cours habituelles.
Des défis particuliers pour les jeunes
Ce changement d'environnement n'a pas été sans conséquences pour les jeunes accompagnés par l'E2C. « Ces jeunes sont en situation de décrochage et ont parfois vécu du harcèlement scolaire », explique Véronique Leclercq. « Pour certains d'entre eux, il était difficile de venir dans les locaux du GRETA, tout simplement parce qu'on était à côté du lycée Jean-Baptiste Dumas. Il n'est pas évident pour eux ne serait-ce que de s'approcher d'un établissement scolaire. »
L'E2C d'Alès accompagne chaque année une cinquantaine de jeunes de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire sans qualification, pour les remobiliser pendant six mois vers un projet de formation ou d'emploi. Financée par la Région, cette structure représente souvent un dernier espoir pour ces jeunes en difficulté.
Un retour symbolique
Le retour rue Frédéric-Mistral revêt donc une importance symbolique forte. « C'était important qu'on revienne ici pour tourner la page », affirme Véronique Leclercq. L'auteur de l'incendie volontaire a été condamné le 6 novembre dernier à 18 mois de prison dont 12 avec sursis probatoire, assortie d'une obligation de soins.
Dans les locaux rénovés, les murs blancs immaculés et le mobilier neuf contrastent avec les souvenirs de la destruction. « C'est comme un renouveau », se réjouit la directrice. « Après le traumatisme qui marquera l'histoire de notre école, ce retour en centre-ville est une bonne nouvelle. Une deuxième chance. »
L'équipe pédagogique, qui « prend vraiment son métier très à cœur » selon Véronique Leclercq, peut désormais retrouver ses repères et poursuivre sa mission essentielle d'accompagnement des jeunes les plus vulnérables du territoire alésien.



