Pyrénées-Atlantiques : la baisse démographique justifie la suppression de 23 postes d'enseignants
Le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) pour les Pyrénées-Atlantiques, Dominique Malroux, s'appuie sur la diminution continue du nombre d'élèves pour légitimer les suppressions de postes d'enseignant dans le premier degré, prévues pour la prochaine rentrée scolaire. Ce mercredi 1er avril, Dominique Malroux, en poste depuis près d'un an, et son adjoint chargé des écoles, Stéphane Zieba, ont dévoilé les mesures de la carte scolaire pour l'année 2026-2027.
Une mobilisation syndicale forte contre les suppressions
La veille de cette annonce, plus de 250 personnes, rassemblées à l'appel d'une intersyndicale enseignante, ont manifesté devant les bureaux de l'inspection d'académie, place d'Espagne à Pau. Elles protestaient contre la suppression annoncée de 23 postes à l'échelle du département. Les syndicats estiment que cette décision aggrave les conditions de travail des personnels et d'apprentissage des élèves.
Dominique Malroux a insisté sur les chiffres pour justifier ces suppressions, qui toucheront une cinquantaine d'écoles, dont 26 au Pays basque et 25 en Béarn. « Ces cinq dernières années, nous avons perdu 3 000 élèves. Et dans les trois prochaines années, nous perdrons encore 3 000 élèves : vous voyez le facteur d'accélération », a-t-il plaidé. Le département doit ainsi rendre 23 postes en raison de la démographie déclinante.
Détails des fermetures et impact sur les effectifs
Concrètement, 41,5 classes vont fermer, contre seulement 8 ouvertures. Le nombre moyen d'élèves par classe devrait se stabiliser autour de 20. Dans le détail, les écoles publiques perdront 945 élèves à la rentrée 2026, portant leur effectif à 39 405 élèves. Le privé sous contrat confessionnel verra aussi ses effectifs fondre de 170 élèves, avec 10 608 élèves prévus. Le privé associatif Seaska enregistrera une baisse de 49 élèves, pour 2 511 prévus, et les calandretas perdront 2 élèves, avec 374 attendus.
Les syndicats, notamment la FSU-SNUIPP 64, critiquent vivement cette approche. Ils accusent le directeur académique de « rester sourd aux familles, élus et personnels des écoles ». Ils soulignent que « cette baisse démographique aurait pu permettre d'améliorer grandement ces conditions, sans que le coût n'en soit trop élevé pour les finances publiques ».
Cas spécifiques et remplacement des RASED
Les syndicalistes pointent du doigt des situations particulières, comme celle de l'école d'Arthez-d'Asson, qui devra fonctionner en classe unique avec au minimum 28 élèves l'année prochaine, dont 13 en maternelle. « Malgré nos interventions, celles des élus et les certificats d'inscription à l'appui, M. le Dasen estime, pour le moment, qu'il n'est pas nécessaire d'ouvrir un poste supplémentaire », déplorent-ils.
Par ailleurs, les syndicats dénoncent « le prélèvement de 12 postes pour la création des pôles d'appui à la scolarité (PAS) ». Ces pôles, destinés aux élèves à besoins éducatifs particuliers, sont critiqués car ils doivent remplacer les Réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED). Un premier pôle est en test à Bayonne cette année, et le Dasen annonce la création de 10 autres à la rentrée 2027, pilotés conjointement par l'Éducation nationale et l'Agence régionale de santé (ARS).
Dialogue et ajustements prévus
Dominique Malroux a précisé qu'un deuxième espace de dialogue serait ouvert en juin, avec un nouveau Comité social d'administration le 19 juin, pour ajuster ces mesures. Il prévoit également un ultime round de discussions à la rentrée « pour des ajustements positifs », l'objectif étant d'éviter des fermetures abruptes. Cependant, les syndicats restent sceptiques et continuent de mobiliser contre ce qu'ils perçoivent comme une détérioration du système éducatif local.



