Trente-sept associations interpellent le Premier ministre sur l'accès à une alimentation saine
Trente-sept associations ont adressé ce mercredi une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour réclamer une loi d'urgence garantissant l'accès à cent produits alimentaires sains vendus à prix coûtant dans toute la grande distribution. Cette initiative, portée par des organisations comme Familles Rurales, Foodwatch, le Secours Catholique Caritas France et France Assos Santé, vise à combattre la précarité alimentaire qui touche de nombreux ménages.
Une alimentation saine devenue un luxe pour beaucoup
Dans leur courrier, les associations alertent sur le fait que l'assiette devient la variable d'ajustement du budget des familles. Sous l'effet combiné de l'inflation et des pratiques de certains distributeurs qui renchérissent les produits essentiels à la santé, se nourrir sainement est désormais perçu comme un privilège inaccessible pour une partie croissante de la population. Quand se nourrir sainement devient un privilège, la République recule, écrivent-elles avec force, déplorant l'absence de réponses concrètes de la part des ministères concernés.
Les détails de la proposition de loi d'urgence
Le collectif demande spécifiquement une législation qui imposerait la vente à prix coûtant de cent produits conformes aux recommandations du Programme National Nutrition Santé. Cette mesure s'appliquerait à l'ensemble du territoire national, y compris les départements et régions d'outre-mer. Les associations estiment que cette disposition serait facilement applicable par les enseignes de la grande distribution, car elle ne concernerait qu'une fraction minime des milliers de références habituellement commercialisées.
Arguments en faveur de cette mesure
Les signataires avancent plusieurs arguments pour soutenir leur demande :
- La mesure n'alourdirait pas le budget de l'État et pourrait même réduire les dépenses de santé à moyen terme en améliorant la nutrition de la population.
- Elle ne pénaliserait pas les agriculteurs, dont la juste rémunération doit être préservée, selon les associations.
- La grande distribution a déjà reconnu sa responsabilité dans l'accès à une alimentation de qualité et avait appelé l'État à fixer un cadre clair il y a quelques mois.
Pour amplifier leur message, les associations ont également lancé une pétition citoyenne exigeant la mise en place de cette mesure dans les supermarchés. Cette mobilisation souligne l'urgence d'agir face à une situation où l'alimentation saine n'est plus une évidence pour tous, mais bien un enjeu de santé publique et de justice sociale.



