Restaurants de plage à Saint-Georges-de-Didonne : le combat annuel contre le démontage hivernal
Restaurants de plage : le combat contre le démontage hivernal

Le lourd tribut du démontage hivernal pour les restaurants de plage

Alors que les établissements de plage La Réserve et La Cazuela se préparent à rouvrir pour la saison estivale à Saint-Georges-de-Didonne, leurs gérants poursuivent leur combat pour obtenir le droit de rester en place toute l'année. Cette année encore, ils ont dû stocker leurs conteneurs à Semussac, laissant la plage de Vallières vide pendant quatre mois d'hiver, conformément aux exigences de la loi littoral.

Un coût financier et écologique exorbitant

Pour Thomas Brossard, patron de La Réserve, cette opération représente un manque à gagner considérable. « Je démarre la saison avec 90 000 euros en moins », déplore-t-il. Les frais incluent la location d'une grue de 100 tonnes, deux semi-remorques, un camion plateau et des équipes venues de Poitiers et de Pau. De plus, l'absence de dalle en béton oblige à planter 40 micropieux à 2,80 mètres de profondeur pour stabiliser la structure, une pratique dont l'impact environnemental est pointé du doigt.

Claude Bretaudeau, gérant de La Cazuela voisine, fait face à des dépenses similaires, estimées à environ 70 000 euros, sans compter le loyer et les redevances versées à la municipalité. À 78 ans, il craint que cette contrainte annuelle ne décourage d'éventuels repreneurs, compromettant la pérennité de son entreprise.

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La loi littoral, un obstacle persistant

Les demandes des restaurateurs pour une activité à l'année se heurtent au refus du préfet, qui s'appuie sur la loi littoral imposant l'utilisation d'équipements démontables. Cette réglementation autorise des dérogations dans les stations balnéaires justifiant d'une ouverture hivérale significative, comme à Royan, mais pas à Saint-Georges-de-Didonne.

Thomas Brossard espère que le nouveau maire pourra peser en faveur d'une exception, arguant que « le calcul devrait être pris en compte au niveau de la Communauté d'agglomération ». Il souligne également la viabilité d'une activité annuelle, notant que « dès qu'il y a un rayon de soleil, même en hiver, il y a du monde ».

Un spectacle récurrent pour les riverains

Chaque année, les promeneurs du boulevard De Lattre-de-Tassigny assistent au remontage des restaurants, un spectacle qui masque les difficultés logistiques et financières des gérants. La pose de micropieux, nécessaire pour résister aux marées, ajoute à la complexité des opérations.

En attendant une éventuelle évolution réglementaire, les conteneurs ont été livrés en fin de semaine dernière, marquant le début d'une nouvelle saison sous le signe de l'incertitude. Pour ces restaurateurs, le rêve d'une vie à l'année sur la plage de Vallières reste suspendu à un changement de politique locale ou nationale.

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