Un chantier aéronautique d'envergure dans les Landes
Le projet de pôle aéronautique des Grands Lacs, annoncé en début de mandat et vivement critiqué par les riverains de l'aérodrome de Lahitte depuis maintenant deux années complètes, est officiellement programmé pour un démarrage concret au mois d'avril 2026. D'importants travaux de transformation vont ainsi débuter sur le site de l'aérodrome de Biscarrosse, marquant le lancement effectif de cette opération structurante pour le territoire.
Les transformations prévues sur l'aérodrome
Le chantier, d'une ampleur significative, prévoit deux interventions majeures : le rallongement substantiel de la piste d'atterrissage existante et la construction d'un pôle aéronautique dédié. Piloté par la Communauté de communes des Grands Lacs, ce projet représente un investissement global chiffré à 11 millions d'euros, incluant l'ensemble des aménagements connexes nécessaires. Un montant qui alimente les critiques de l'association des riverains, farouchement opposée à cette réalisation.
Pourquoi allonger la piste de Biscarrosse ?
Dès le printemps 2024, l'Association des riverains de l'aérodrome du lac de Biscarrosse-Parentis (ARIVABP) a pris connaissance du projet d'extension de la piste, qui passerait de 800 mètres actuellement à 1 160 mètres, avec même l'hypothèse évoquée de 1 300 mètres si les servitudes étaient augmentées. Les membres de l'association s'y opposent fermement, arguant qu'une « piste plus large et plus longue est synonyme d'accueil d'aéronefs plus gros et plus lourds », entraînant inévitablement des nuisances sonores et une pollution accrues, comme ils le dénonçaient déjà en septembre 2024.
Pour la Communauté de communes des Grands Lacs, cette extension se justifie par plusieurs impératifs : la modernisation d'infrastructures datant de 1986-1987, l'amélioration de la sécurité aérienne, la diversification des usages de la plateforme, l'anticipation des évolutions technologiques de l'aviation du futur et la capacité à accueillir des drones. Le pôle aéronautique a été conçu par l'Agence Patrick-Arotcharen, mandataire du projet, associée à Rūto architectes.
Impacts environnementaux et nuisances sonores
La principale inquiétude des opposants réside dans l'accroissement prévisible de l'activité aérienne, qui générerait davantage de pollution sonore et aurait un impact négatif sur l'environnement lacustre où est implanté l'aérodrome. Les Grands Lacs rappellent que leur emprise s'étend sur 342 hectares, dont plus de 97 % sont des surfaces naturelles préservées. L'extension de la piste ne représenterait qu'une augmentation minime de 0,52 % de l'imperméabilisation des sols.
Le futur pôle aéronautique est présenté comme un bâtiment modèle intégrant des solutions énergétiques innovantes et durables, notamment l'énergie solaire et la géothermie. Les espaces naturels font l'objet d'une gestion écologique rigoureuse, excluant tout usage de pesticides. Concernant le bruit, le plan d'exposition a été fixé à 100 000 mouvements annuels par arrêté préfectoral en 1999, un niveau jamais atteint puisque le pic historique remonte à 58 000 mouvements en 1992. Ces dernières années, la moyenne varie entre 20 000 et 40 000 mouvements annuels.
Les accusations de manque de transparence
Les membres de l'ARIVABP dénoncent régulièrement l'opacité des décisions prises par les Grands Lacs et ont saisi à deux reprises la Commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir des informations. La collectivité territoriale souligne pour sa part que toutes ses délibérations sont accessibles au public et qu'une réunion d'information s'est tenue le 27 novembre 2024 avec les représentants de l'État et de l'association, portant notamment sur les perspectives de développement de l'aérodrome. À cette occasion, il a été décidé de relancer la Commission consultative de l'environnement et d'engager la révision du plan d'exposition au bruit, toujours en attente de l'arrêté préfectoral de constitution.
Un projet jugé trop coûteux et mal préparé
L'ARIVABP évoquait en janvier 2026 une « gabegie » concernant le coût du projet et regrettait qu'il ait été mené « sans la moindre étude préalable et sans la moindre visibilité à terme sur sa pertinence ». La Communauté de communes considère ces désaccords comme des malentendus à clarifier. Le chiffre de 11 millions d'euros avancé ne porte pas uniquement sur le pôle aéronautique mais comprend tous les investissements nécessaires au développement du site, incluant l'agrandissement de la piste et les réaménagements associés.
Le lancement du projet a été précédé d'une étude réalisée par Bordeaux Technowest, incubateur de référence en Nouvelle-Aquitaine. Plusieurs sociétés du secteur aéronautique se sont déjà positionnées pour s'implanter sur le territoire, et le rôle des Grands Lacs est précisément de favoriser cette dynamique économique, rappelle la collectivité. Le débat entre développement économique et préservation de l'environnement reste donc vif à quelques mois du démarrage des travaux.



